Le Tchad, le vrai test pour l’Union – Le Monde

On a appris hier que la mission pour le Tchad allait être reportée de quatre semaines à cause des combats à N’Djamena. D’après un officiel, la situation est tout simplement embarrassante. Cela va faire effectivement huit mois que Bernard Kouchner a demandé que cette mission ait lieue ‘en toute urgence’ pour stabiliser la frontière entre le Tchad et le Soudan pour protéger les réfugiés du Darfour et cinq mois que le Conseil de Sécurité de l’ONU a approuvé la résolution 1778 autorisant l’opération.

Le retard pris par la mission, qui devrait voir 3700 soldats de l’EUFOR, pose de nouveau la question de la capacité pour l’Union à intervenir efficacement dans des missions de maintien de la paix. Le retard n’est pas le seul problème de la mission. En effet, la force européenne est d’ores et déjà accusée de n’être qu’un paravent pour couvrir une opération néocoloniale française. On pourrait en effet le penser vu que la France est l’initiatrice de la mission, que la France a déjà mille soldats stationnés au Soudan et que la France va offrir le gros des troupes de l’EUFOR. La situation est paradoxale, comme le rappelle The Economist, car la c’est la France qui demande justement une mission de l’Union pour ne pas être accusée de néocolonialisme.

Néanmoins, il faut tout de même remarquer que cette mission va aussi être unique en son genre car commandée par un Irlandais, le Général Patrick Nash qui a usé ses treillis en Chypre, au Liban ainsi que dans les Balkans. En plus des Irlandais et des Français, l’EUFOR va être assistée d’Autrichiens. Il est tout à fait symptomatique de remarquer que deux pays neutres, l’Autriche et l’Irlande, vont jouer un rôle important dans une mission de l’Union. Cette mission ne peut échouer, il en va du sort des populations mais aussi de la crédibilité de l’Union.


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