L’armée soudanaise tue six ravisseurs des otages enlevés en Egypte – Afp

Six ravisseurs d’un groupe de 19 Européens et Egyptiens enlevés il y a neuf jours en Egypte ont été tués dimanche dans un accrochage avec l’armée soudanaise, les otages étant désormais captifs au Tchad, a indiqué le conseiller à la présidence soudanaise, Mahjoub Fadl Badri.

« Les forces soudanaises ont suivi les traces des preneurs d’otages du Jebel Ouanat et les ont trouvé à la frontière avec le Tchad« , a déclaré à l’AFP le responsable soudanais.

Il a précisé que « les forces soudanaises en ont tué six, y compris le chef d’un groupe rebelle du Darfour, et arrêté deux« , ajoutant que le groupe des 19 otages – onze touristes européens et huit Egyptiens – serait dans « une cachette » au Tchad voisin.

Un communiqué de l’armée soudanaise, repris par l’agence égyptienne Mena, affirme qu’ils sont détenus dans un lieu appelé Tabbat Chajara, tout près de la frontière avec le Soudan.

Selon M. Badri, les ravisseurs appartiennent à un groupe rebelle du Darfour — région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003 — dont le chef, du nom de Bakheet, a été tué lors de l’accrochage.

Le communiqué de l’armée fait mention d’un blessé dans les rangs soudanais lors de cette accrochage.

Le groupe d’otages, enlevés le 19 septembre lors d’un safari en 4X4, comprend onze touristes –cinq Italiens, cinq Allemands et une Roumaine– ainsi que huit Egyptiens: deux guides, quatre chauffeurs, un garde-frontière et le directeur de l’agence organisatrice du safari.

Après leur enlèvement, les otages avaient été localisés dans le Jebel Ouanat –en arabe la « montagne des sources »–, un ensemble montagneux aux confins désertiques de l’Egypte, du Soudan et de la Libye.

Capturés au pied du versant égyptien, ils avaient été transférés dans les flancs soudanais de la montagne, avant d’être cachés côté libyen, à l’ouest, pour finalement retourner samedi au Soudan.

Dimanche matin, un haut responsable soudanais avait annoncé que les ravisseurs avaient ramené les otages de Libye au Soudan et semblaient se diriger désormais vers la frontière égyptienne. »Il semble que tous les otages vont bien« , avait déclaré Ali Youssouf, directeur du protocole au ministère soudanais des Affaires étrangères, selon l’agence officielle soudanaise Suna. Un responsable de la sécurité égyptien, avait aussi déclaré, sous couvert d’anonymat que la « rançon avait été payée du côté libyen« , et que des responsables égyptiens allaient se rendre vers la frontière pour accueillir « dans deux ou trois jours » les otages.

Les ravisseurs, dont on ignore l’identité, ont demandé que l’Allemagne soit seule en charge des négociations, exigeant le versement d’une rançon de six millions d’euros, selon une source de sécurité égyptienne.

Après l’annonce prématurée lundi dernier par Le Caire de la libération des otages, les capitales concernées préfèrent garder le silence. « Il vaut mieux être discret car nous avons des raisons de penser que toute information est captée par les ravisseurs« , a déclaré un ambassadeur européen au Caire.

La région du Darfour, dont la limite nord est située à 200 km du Jebel Ouanat, est en proie à un conflit sanglant depuis 2003. En lutte contre le pouvoir de Khartoum et ses milices alliées, les groupes rebelles ont éclaté en plusieurs factions.

Dimanche, un des groupes rebelles, le JEM (Mouvement pour la justice et l’égalité), a encore démenti sont implication dans cet enlèvement.

« Nous condamnons de manière la plus ferme cet enlèvement, et rejetons toutes les accusations sur notre implication« , a déclaré à Ahmed Hussein Adam, un porte-parole du JEM.


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