La crise des otages enlevés en Egypte prend une tournure inquiétante – Afp

La crise des otages enlevés dans le sud de l’Egypte a pris dimanche une tournure inquiétante, l’armée soudanaise ayant tué six des ravisseurs, accusés d’être membres de la rébellion du Darfour, sans libérer les prisonniers qui seraient désormais captifs au Tchad.

Les dernières nouvelles laissaient pourtant attendre une libération, contre rançon, de ces 19 otages capturés lors d’un safari dans le désert égyptien neuf jours auparavant.

Le conseiller à la présidence soudanaise, Mahjoub Fadl Badri, a annoncé à l’AFP que six ravisseurs avaient été tués, et deux autres arrêtés, dans un accrochage avec l’armée soudanaise.

Alors que les ravisseurs et leurs otages avaient été localisés près du Jebel Ouanat, aux confins de l’Egypte, du Soudan et de la Libye, l’affrontement armé aurait eu lieu près de la frontière avec le Tchad, à trois cents km au sud.

C’est au Tchad, contre toute attente, que seraient désormais détenus les otages, onze touristes – cinq Allemands, cinq Italiens et une Roumaine – et leurs huit accompagnateurs égyptiens.

Selon la version de l’armée soudanaise, ils seraient aux mains d’un groupe de trente hommes à Tarat al-Chajara, une localité située près de la frontière tchado-soudanaise.

Khartoum a mis en cause dans la prise d’otages un des groupes rebelles du Darfour, le Mouvement de Libération du Soudan-Unité (SLA-U), lequel a immédiatement démenti depuis Londres son implication.

Une guerre, aux conséquences dramatiques pour la population, oppose depuis 2003 dans cette région de l’ouest du Soudan des groupes de rebelles, de plus en plus éclatés en factions rivales, au régime de Khartoum et ses milices alliées.

Au Caire, c’est un mutisme consterné qui a accueilli la nouvelle de ce développement inattendu.

Alors que son chef de la diplomatie avait prématurément annoncé le 22 septembre la libération des otages, Le Caire, à travers l’agence semi-officielle Mena, a seulement relayé les communiqués de l’armée soudanaise.

A Rome, les médias rapportent que, selon le ministère des affaires étrangères, les cinq otages italiens « n’ont vraisemblablement pas été impliqués dans la fusillade ».

Confiant et détendu dimanche matin, l’ambassadeur d’un pays concerné s’est montré le soir auprès de l’AFP inquiet et désemparé devant la tournure des événements.

Plusieurs signes s’accumulaient en effet d’un règlement assez rapide d’une prise d’otages, et un responsable de la sécurité égyptienne, tout en requérant l’anonymat, laissait attendre une sortie de crise contre rançon.

Capturés au pied du versant égyptien, ils avaient été transférés dans les flancs soudanais de la montagne, avant d’être cachés côté libyen, à l’ouest, pour finalement retourner samedi au Soudan, en direction de l’Egypte.

Ce sont les autorités soudanaises qui avaient fait état de ce périple forcé d’abris en abris, les otages passant clandestinement d’un pays à un autre tout en restant « en bonne forme », selon elles.

Le responsable égyptien avait affirmé dimanche que la rançon d’un montant présumé de 6 millions d’euros avait été versée aux ravisseurs en fin de semaine dernière, lors d’un passage du côté libyen du Jebel Ouanat.

Ce responsable avait aussi affirmé qu’une délégation égyptienne s’apprêtait à gagner le sud du pays pour réceptionner les otages « dans deux à trois jours ».

Dans son communiqué publié dimanche, l’armée soudanaise affirme avoir en fait perdu contact depuis trois jours avec le groupe après qu’il eut traversé la frontière libyenne.


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