Violences au Tchad: le ministre de la Défense accuse l’entourage de Deby – Afp

Le ministre tchadien de la Défense, l’ex-chef rebelle Mahamat Nour Abdelkerim, a accusé lundi « l’entourage » du président Idriss Deby Itno d’être à l’origine des violences intercommunautaires meurtrières dans le département du Dar Tama, dans l’est du Tchad.

« Moi, ministre de la Défense, et le président de la République, nous n’avons aucun problème« , a assuré le chef des ex-rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) à l’issue d’un entretien avec Idriss Deby à Biltine, dans l’extrême est du Tchad.

« Nous avons des problèmes énormes avec l’entourage du chef de l’Etat, c’est ce qui a provoqué le retrait de nos éléments (de Guéréda, préfecture du Dar Tama). Personne ne peut accepter que ses parents soient massacrés devant ses yeux« , a affirmé Mahamat Nour à la radio nationale.

Des ex-rebelles du Fuc, « mécontents » vis-à-vis des forces gouvernementales, ont quitté la semaine dernière Guéréda où ils se trouvaient en l’attente de leur intégration dans l’armée, pour se diriger vers la frontière soudanaise.

Le Dar Tama a été le théâtre ces derniers jours de violences intercommunautaires entre membres des ethnies tama, majoritaire au sein du Fuc, et zaghawa, dont est issu le président Deby et de nombreuses personnalités de son entourage. Ces affrontements ont fait au moins une vingtaine de morts.

« Le problème du Dar Tama est un problème réel (…), les gens meurent par centaines. Tout ce qu’ils avaient comme bétail a été pillé« , a ajouté Mahamat Nour, lui-même d’ethnie tama, au sujet des violences subies selon lui par sa communauté.

« Il faut que ça s’arrête« , a insisté le ministre de la Défense.

Le chef du Fuc, à l’origine de la plus importante offensive rebelle des dernières années, qui a échoué en avril 2006 aux portes de N’Djamena, a signé en décembre de la même année un accord de paix. Cet accord prévoit l’intégration de ses hommes au sein de l’Armée nationale tchadienne (ANT).

« Je suis plus que sincère sur l’accord que j’ai signé« , a-t-il déclaré lundi, au lendemain de son retour au Tchad après un long séjour à l’étranger. « Mais les soldats (du Fuc), quand ils (…) évoquent la vie de leurs parents, il faut aussi les prendre en considération« , a-t-il estimé.

« C’est une situation qu’on compte régler le plus vite possible« , a-t-il toutefois poursuivi après s’être entretenu avec le chef de l’Etat au sujet des événements autour de Guéréda.

Mahamat Nour a ensuite regagné la capitale tchadienne.

Les violences intercommunautaires sont fréquentes dans l’est du Tchad, et ont souvent été instrumentalisées ces dernières années par les belligérants, rebelles, milices et armée, qui s’y opposent.


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