Tchad-Banque Mondiale: La malédiction de l’or noir (partie 1) – France 24

La décision de la Banque mondiale d’attribuer un prêt au Tchad pour la construction d’un oléoduc contre la promesse d’une redistribution équitable de la manne pétrolière s’est soldée par un échec. Chronique d’un désastre annoncé.

Lire la seconde partie de « La malédiction de l’or noir » en cliquant ici.

Dans un communiqué publié le mois dernier, la Banque mondiale annonçait « qu’elle n’était plus en mesure de soutenir le projet d’oléoduc Tchad-Cameroun » dont elle assurait une partie du financement depuis 2000.

Le ton du communiqué contrastait avec l’enthousiasme qui accompagnait, huit ans plus tôt, la mise en place du projet. L’institution financière parlait alors d’une initiative sans précédent visant à faire bénéficier directement les plus pauvres de la manne pétrolière grâce à un accord unique en son genre : les nouveaux revenus seraient utilisés pour soutenir des programmes de développement économiques et sociaux.

Accusé de ne pas respecter ses engagements pris auprès de la Banque mondiale, le Tchad a immédiatement remboursé le prêt lié à la construction et à l’exploitation de l’oléoduc reliant, sur près de 1 000 kilomètres, le Tchad au Golfe de Guinée via le Cameroun. Libéré de ses obligations, le gouvernement tchadien est désormais libre de dépenser les revenus pétroliers comme bon lui semble.

« La déception est d’autant plus grande que l’accord sur l’utilisation des ressources pétrolières pour le bénéfice des pauvres était la pierre angulaire du projet », affirme Michel Wormser, directeur des opérations pour la région Afrique à la Banque mondiale.

Mais pour beaucoup de membres d’ONG internationales et de la société civile tchadienne, ce désengagement était prévisible : N’Djamena n’aurait pu résister longtemps à la tentation du pétrole et de l’argent facile.

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