«Il y a davantage de contrôles depuis l’affaire Arche de Zoé» – Le Temps

TCHAD. Un an après, le point avec l’Unicef sur les conditions de travail pour les humanitaires.

Il y a une année, le monde découvrait avec stupeur l’histoire de L’Arche de Zoé, ou comment une association s’apprêtait à exfiltrer une centaine d’enfants du Tchad vers la France, sous couvert d’humanitaire et à destination du marché de l’adoption. Condamné avant d’être gracié par N’Djamena, le groupe essaie toujours de convaincre la justice du caractère désintéressé de l’opération. Une instruction est en cours dans l’Hexagone. Le Tchad, de son côté, exige des réparations de la part de Paris. Sur le terrain, les ONG et les Nations unies ont dû s’adapter à de nouvelles conditions de travail. Le point avec Jean-François Basse, responsable de la protection de l’enfance au Tchad pour l’Unicef.

Le Temps: Les normes du travail humanitaire ont-elles changé depuis l’affaire de L’Arche de Zoé?

Jean-François Basse: Il y a en effet davantage de contrôles sur le terrain. Les humanitaires doivent désormais demander des autorisations pour circuler dans le pays. C’est certainement plus contraignant, mais cela a permis de clarifier la situation, de savoir qui fait quoi. Jusque-là, le secteur humanitaire manquait de coordination et de supervision. Les autorités s’impliquent mieux.

La population est-elle devenue plus méfiante à l’égard des humanitaires?

Immédiatement après l’affaire, oui, parce qu’il y a eu énormément d’émotion. Mais très vite, les gens ont fait le tri. La population voit plutôt notre présence d’un bon œil. Nous leur fournissons de l’aide au quotidien, de l’eau, des soins, nous scolarisons leurs enfants. La plupart des ONG présentes au Tchad, en outre, le sont depuis des années.

Qu’en est-il de votre sécurité?

Le vrai problème, pour nous, est effectivement celui de la sécurité. En mai dernier, le chef de mission de Save the Children Grande-Bretagne a été tué. Les incidents ne cessent d’augmenter, même si la plupart se résument à des vols de matériel et de véhicules. La présence de l’Eufor (ndlr: déploiement militaire européen) a contribué à sécuriser certains axes, mais globalement, les humanitaires prennent des risques énormes pour travailler au Tchad.

Quelles sont vos priorités pour le pays?

Au-delà du travail d’urgence, qui concerne notamment les populations de déplacés et de réfugiés, nous essayons de nous attaquer aux causes profondes de la misère tchadienne. L’accès à l’école n’est toujours pas garanti, la sécurité pas assurée. Nous devons soutenir les autorités sur ce chemin-là.



Commentaires sur facebook