Tchad :Lutter contre la malnutrition aiguë dans la partie Ouest – DIA

Les organisations humanitaires ont lancé des programmes de nutrition thérapeutique d’urgence dans la partie l’ouest du Tchad, où une étude récente a révélé que 20 % des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë. Comme il arrive fréquemment au Sahel, les manques chroniques dans la région tchadienne de Kanem ont donné lieu à un taux de malnutrition dangereusement élevé, exigeant une intervention d’urgence, rapport l’agence Onusienne Irin.

Selon cette agence, en plus du taux de malnutrition aiguë, l’enquête, menée par Action contre la faim (Acf) et publiée en novembre 2008, a également révélé un taux de malnutrition grave de 2,8 %, chez les enfants. Au sein d’une population d’environ un demi-million de personnes, sur 10.000 enfants de moins de cinq ans, trois enfants meurent chaque jour. Ces résultats sont alarmants, souligne Kingsley Amaning, coordinateur humanitaire des Nations Unies au Tchad. « Si les causes de ces taux élevés de malnutrition peuvent être de nature chronique, il est clair qu’une intervention humanitaire est nécessaire ; il s’agit donc d’un problème humanitaire urgent que nous devons traiter » ajoute-il.

D’après Irin, la semaine du 15 au 21 décembre 2008, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance Unicef et Acf ont lancé des opérations d’urgence à Kanem, selon Marzio Babille, directeur de l’Unicef au Tchad. Dans l’immédiat, selon M. Babille, il faut consulter les enfants, leur fournir des compléments nutritionnels et leur prodiguer des soins médicaux. A long terme, « nous devons prévenir la malnutrition, ce qui veut dire que nous devons immédiatement améliorer la qualité des repas servis dans les cantines scolaires et l’accès des familles à des aliments de qualité,» a déclaré Monsieur Babille.

une campagne d’immunisation


L’Unicef a averti que sans une intervention rapide, les enfants atteints de malnutrition seraient exposés au risque de contracter certaines maladies telles que la rougeole. L’agence prévoit de mener une campagne de vaccination contre la rougeole à Kanem en janvier 2009. Cela demande un effort concerté avec le gouvernement du Tchad, pour pouvoir immuniser les enfants contre la rougeole, leur distribuer des compléments de vitamine A et dispenser des soins de qualité aux enfants gravement sous-alimentés, a indiqué M. Babille.

Les Nations Unies et les représentants des autorités publiques ont indiqué à Irin qu’une délégation du ministère de la Santé préparait une mission dans la région. Compte tenu de la collaboration efficace entre le gouvernement et les organisations humanitaires, M. Babille s’est dit certain que les besoins d’urgence seraient satisfaits.

« Le ministre de la Santé et le ministre des Affaires sociales ont immédiatement réagi en organisant une rencontre de haut niveau », a-t-il indiqué à Irin. Ajoutant que « J’ai bon espoir, au moins, que la phase d’urgence sera traitée ». Parallèlement aux interventions d’urgence, des efforts devront être fournis en vue de faire face aux facteurs chroniques à l’origine de la malnutrition, selon les experts.

Besoin d’une collaboration et de financements soutenus

Pour faire face à une telle situation celle de la région de Kanem, il faut que les partenaires d’aide humanitaire et d’aide au développement, ainsi que les bailleurs travaillent de concert, a indiqué Félicité Tchibindat, conseillère santé régionale de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest. En plus des interventions vitales menées pour traiter les cas graves, des mesures doivent être prises pour prévenir la malnutrition grave : traiter les cas modérément graves, apporter une assistance nutritionnelle globale pendant la période de soudure, et améliorer les aliments complémentaires, a-t-elle indiqué.

Il est également important d’assurer un financement soutenu et prévisible pour les pays à forte charge de morbidité, afin de pouvoir apporter un changement durable à l’état nutritionnel de la population, a souligné Mme Tchibindat. Selon cette dame, il est évident qu’un financement d’un an n’est pas la solution. et d’affirmer qu’il est possible de s’attaquer à la malnutrition si l’on est assuré d’une collaboration générale et de financements suffisants, à long terme.

La région de Kanem se trouve au nord du lac Tchad ; l’étude représentative d’Acf portait sur la région située au sud de Mao, chef-lieu de Kanem. Kanem est une région au climat sahélien rigoureux, et une bonne partie de sa population est nomade. Selon Sylvain Trottier de la branche parisienne d’Acf, le taux de malnutrition élevé de Kanem est causé par l’insécurité alimentaire chronique qui règne dans la région, aggravée par la désertification et l’isolement de la région.

Certaines femmes n’ont pas accès aux informations sur l’allaitement et les techniques de sevrage, a-t-il ajouté, et n’ont que peu de ressources, car bon nombre d’hommes vivent loin de la région pendant de longues périodes.


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