Affaire Habré – Réagissant à la saisine de la Cour internationale de Justice par la Belgique – Le Quotidien

Le Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré est remonté contre le dilatoire des autorités sénégalaises pour la tenue du procès de l’ex-dictateur tchadien. De ce fait, les victimes ont apprécié, dans un communiqué, la requête de la Belgique adressé à la Cour internationale de Justice pour rappeler au Sénégal son devoir d’enclencher des poursuites judiciaires sérieuses.

Les victimes dénoncent la «stratégie du bluff» de Wade

«Le Sénégal fait semblant d’avancer dans l’organisation du procès Hissène Habré, mais les faits sont là. Aucun acte judiciaire n’a encore été posé». Fort de cet amer constat, le Comité international pour le jugement de Hissène Habré a salué, hier, à travers un communiqué, l’initiative de la Belgique relative à sa requête auprès de la Cour internationale de justice d’ordonner, dans l’immédiat, des poursuites judiciaires contre l’ancien chef de l’Etat tchadien. Selon le même communiqué, les autorités sénégalaises ont l’obligation de juger ou d’extrader le Président Habré, conformément à la convention des Nations-Unies contre la torture que Dakar a ratifiée. En effet, la Belgique accuse, dans sa requête, le gouvernement sénégalais d’avoir violé la législation internationale en refusant de poursuivre l’ex-dictateur. D’ailleurs, «Dakar a été condamné en mai 2006 par le Comité des Nations Unies contre la torture», renseigne le comité.

Le responsable de l’Association des victimes de Habré, Souleymane Gengeng, est convaincu de la nécessité des pressions belges sur les autorités sénégalaises parce qu’aujourd’hui, «la Belgique a toutes les raisons de saisir la Cij, car le Sénégal poursuit une stratégie du bluff depuis trop longtemps, malgré les amendements constitutionnels, afin de permettre aux instances judiciaires de statuer sur les accusations de génocide de crimes contre l’humanité et de guerre commis par le régime de Hissène Habré». Et pour relancer le dossier, «quatorze victimes ont déposé une nouvelle plainte chez le procureur sénégalais», rappelle le Comité pour le jugement de Habré.

En outre, le Sénégal a eu le feu vert de l’Union africaine pour organiser le procès de Habré. Mais, le Président Abdoulaye Wade se barricade derrière l’indisponibilité des fonds pour le procès estimés à 17 milliards de francs Cfa. Ce qui est actuellement un faux prétexte, aux yeux de l’Association des victimes. Pour illustrer leurs propos, elle avance que la Commission européenne a déjà proposé deux millions d’euros, plus d’un milliard de francs Cfa, pour la phase préliminaire de l’instruction tout en doutant de la crédibilité du budget avancé par les autorités sénégalaises. Le Tchad a annoncé trois millions d’euros en guise de participation sans compter la Belgique, la France, les Pays-Bas, des pays prêts à soutenir financièrement le Sénégal dans sa volonté de rompre avec l’impunité dont jouirait Hissène Habré. Le Président Wade n’a pas mille chemins pour arriver à cette fin, d’après le Comité international : le juger ou l’extrader.
Stagiaire


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