Tchad: le ministre de l’Intérieur blessé dans une tentative d’assassinat – Afp

Le ministre tchadien de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bachir, a été blessé par balle dans une tentative d’assassinat vendredi soir à N’Djamena, mais ses jours ne sont pas en danger, a appris l’AFP samedi auprès de la police et de son entourage.

Le ministre sortait d’un dîner dans un hôtel de la capitale lorsqu’un homme a tiré sur lui, l’atteignant à la cuisse, a expliqué une source policière sous couvert d’anonymat.

Il a été transporté d’urgence à l’antenne chirurgicale de la base militaire française à N’Djamena, où la balle a été extraite. Il y a passé la nuit et a pu regagner son domicile samedi matin, selon la même source.

Jusqu’à samedi en fin d’après-midi, l’AFP n’avait pu joindre M. Mahamat Bachir lui-même. Son entourage a cependant confirmé qu’il était hors de danger, et précisé qu’il n’existe « aucun antécédent » entre le ministre et son agresseur.

L’agresseur, présenté comme un fonctionnaire des impôts, a été arrêté dès vendredi soir et était détenu samedi dans les locaux de la police judiciaire, qui a ouvert une enquête, a-t-on indiqué de source policière.

Aucune information n’était immédiatement disponible sur le mobile de cette agression, qui a suscité un certain émoi et des interrogations à N’Djamena.

Selon des Tchadiens, c’est la première fois qu’un ministre en fonction est sujet d’une tentative d’assassinat, qui plus est « le premier policier du pays », a souligné un habitant.

« C’est extrêmement grave et cela veut dire que personne n’est à l’abri », a réagi l’avocat Jean Bernard Padaré, conseiller d’une organisation de défense des droits de l’Homme. « Il y a un problème d’insécurité récurrent, qui est entrain de monter crescendo. Il faut que le gouvernement revoie (…) sa politique sécuritaire », a ajouté Me Padaré.

Pour Jean-Claude Nekim, rédacteur en chef du journal privé N’Djamena Bi-Hebdo, « c’est malheureux pour un ministre de l’Intérieur et cela prouve qu’il y a recrudescence de l’insécurité dans le pays ».

Cette agression « pose même le problème de la sécurité des responsables politiques et gouvernementaux », a dit Bernard Diponbé, chef d’entreprise.

Ahmat Mahamat Bachir est considéré comme le fidèle parmi les fidèles du président tchadien Idriss Deby Itno, et a toujours eu des mots durs contre son opposition, qu’elle soit démocratique ou armée.

Au pouvoir depuis 1990, le président Deby Itno a vu son régime menacé à plusieurs reprises ces dernières années par des offensives rebelles.


Commentaires sur facebook