Les ONG au Tchad se préparent à l’accueil de réfugiés du Darfour – reuters

Les ONG opérant au Tchad se préparent à un éventuel afflux de dizaines de milliers de réfugiés fuyant la région du Darfour où la crise risque de s’aggraver après l’expulsion de 13 associations humanitaires internationales.

Le président soudanais Omar Hassan al Bachir a décidé d’exclure de son pays plusieurs ONG après que la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a émis un mandat d’arrêt à son encontre pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Les ONG craignent que cette décision provoque des mouvements de populations parmi les réfugiés vivant au Darfour, où les ressources en eau, en denrées alimentaires et en médicaments s’épuisent.

Ces réfugiés, poussés par une dégradation des conditions de sécurité sur place, pourraient franchir la frontière pour passer au Tchad et y trouver refuge.

Les membres des organisations humanitaires ne veulent pas encore parler d’exode massif mais ils travaillent à la mise au point de plans pour l’accueil de près de 100.000 personnes.

« Pour le moment, il ne s’agit que spéculations », a reconnu un représentant d’une ONG au Tchad. « Nous essayons d’imaginer ce qui pourrait se produire – on envisage entre 50.000 et 100.000 personnes – mais je ne pense pas que cela puisse se produire avant deux mois, à moins que les conditions de sécurité se dégradent. »

PLANS D’URGENCE

Ces mouvements de population pourraient intervenir avant la saison des pluies en juin et juillet.

« Si la situation humanitaire se détériore, et je crois que cela va être le cas, les gens vont décider de se déplacer avant la saison des pluies – et on peut imaginer l’arrivée de 10 à 20.000 personnes en même temps. »

Les 13 agences internationales expulsées par le président Bachir fournissaient environ la moitié de l’aide humanitaire au Darfour où près de 4,7 millions de personnes sont réfugiées. Les ONG offraient également un effet dissuasif pour les bandes armées et leur départ pourrait entraîner une multiplication des violences.

Les organisations de l’Onu et les ONG administrent actuellement 12 camps dans l’est du Tchad où se trouvent quelque 250.000 réfugiés du Darfour.

CARE, l’une des organisations expulsées du Soudan, a précisé qu’elle était en mesure d’accueillir entre 20 et 40.000 personnes supplémentaires dans les trois camps qu’elle dirige.

Le Comité de secours international (IRC), également expulsé par le président Bachir, s’est dite prête à augmenter les services sanitaires et médicaux qu’elle a mise en place au Tchad si des nouveaux réfugiés arrivaient.

« A mesure que l’assistance humanitaire se réduit dans certains camps, les gens vont commencer à chercher cette assistance ailleurs », a commenté Kurt Tjossem, directeur régional de l’IRC.

« L’IRC travaille à la mise en place de plans d’urgence au Tchad à titre préventif », a-t-il ajouté.

Les principaux camps de réfugiés se trouvent actuellement dans le nord et dans le sud du Darfour, or ceux-ci se situent à une distance relativement grande du Tchad. Et cet éloignement pourrait dissuader certains mouvements de population.

Les migrations de populations concernent principalement les réfugiés vivant dans les camps de l’ouest du Darfour et ceux proches de la frontière.

Une partie du problème concerne la sécurité à El Geneina, la capitale de la région, qui se trouve à proximité du Tchad.


Commentaires sur facebook