La colère de Deby

Depuis quelques temps, des membres de l’équipe gouvernementale de Kassiré et
des caciques du MPS savonnent la planche au Premier Ministre. Et l’occasion
a été belle quand Kassiré a soumis à son Chef les différents scenarii des
augmentations de la masse salariale qui se chiffraient en milliards, suite
aux négociations avec l’intersyndicale. Il faut noter en passant que Deby,
malgré 17 années d’exercice du pouvoir, ne sait pas faire la différence
entre salaire et masse salariale.

Quand Deby a vu les coûts additionnels (en milliards) de la masse salariale
qu’induiraient les augmentations de la valeur d’indice, son sang n’a fait
qu’un tour. Deby, comme tout son entourage, pense que l’argent du Trésor est son
patrimoine personnel que Kassiré s’amusait à dilapider.

Il lui a d’abord proféré des injures que la morale et la bonne éducation
nous empêchent de rapporter ici. Il a juré de le virer immédiatement.
Ensuite, le Président a piqué une des ses colères que le Premier Ministre
n’oubliera pas de sitôt. Tremblant de tout son corps et bavant comme un
taureau en chaleur, le Président injuriait et menaçait son Premier Ministre,
comme un malpropre. En effet, Kassiré a été traité de tous les noms
d’oiseaux. Deby a juré de le virer immédiatement. Il a voulu sauter sur lui
pour l’étrangler ou peut-être lui mordre l’oreille, n’eut été la vigilance
d’un membre de l’assistance qui l’a maîtrisé à temps. En désespoir de cause,
il balança à la figure du Premier Ministre un cendrier qui blessa ce dernier
au dessus de l’œil et son sang gicla. Le costume et la chemise du Premier
Ministre furent salis. Deby et l’auditoire présent prirent panique et firent
venir d’urgence un médecin qui apporta les premiers soins au Premier
Ministre qui fut ensuite évacué chez lui.

Informé de ce qui s’est passé, Daoussa Deby, le grand frère national,
débarqua et administra une bonne leçon de morale à son petit frère de
Président. Il lui a fait savoir qu’un Président ne peut pas se comporter
comme un vulgaire voyou ou un drogué. Il lui a demandé d’aller chez le
Premier Ministre présenter ses excuses et enlever de sa tête toute idée de
nommer un nouveau Premier Ministre.

Deby fit docilement tout ce que son grand frère lui prodigua comme conseils.
En guise de dommage et intérêts, le Ministre des Finances a été instruit
pour remettre au Premier Ministre une rondelette somme d’argent pour que ce
dernier aille en France, en visite médicale, pour vérifier que l’œil sain
n’ait pas été touché.

On comprend mieux pour quoi le Premier Ministre a, depuis lors, perdu, sa
jurisprudence, son droit et son bon sens. Il dit n’importe quoi, pourvu que
cela plaise à son Chef.

Tous les candidats au poste de Premier Ministre de Deby savent désormais à
quoi s’en tenir. Ils ne pourront pas prétexter qu’ils ne savaient pas ce qui
les attendrait.

Beremadji Félix
N’djaména


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