Tchad: les rebelles, ex-rivaux, affichent leur unité pour renverser Deby – Afp

Formée au Soudan, l’alliance des rebelles tchadiens, ex-rivaux par le passé, affiche désormais son unité pour renverser le « régime dictatorial » du président tchadien Idriss Deby, confronté une nouvelle fois à une incursion rebelle dans l’est du Tchad.

« On n’a pas créé l’UFR (Union des forces de la résistance, alliance des principales factions rebelles du Tchad) pour discuter entre nous. L’affrontement avec Deby est devenu inéluctable », affirmait quelques heures avant l’offensive (du 4 mai) Abderaman Koulamallah, porte-parole de l’UFR.

Formée le 18 janvier après des mois de conciliabules et réunions dans l’ouest du Soudan voisin, l’UFR se veut un « mouvement uni avec une direction politique et militaire unique », selon M. Koulamallah. Les divergences et ambitions personnelles avaient ces dernières années miné la rébellion tchadienne. Elle n’avait pu adopter une direction unique et, de l’aveu de son actuel président Timan Erdimi, avait échoué en février 2008 aux portes du palais présidentiel à N’Djamena, alors que le pouvoir était à portée de main.

M. Deby avait refusé une proposition d’évacuation par la France, profitant de la division de ses adversaires pour rester au pouvoir.

Avec l’UFR, c’est « l’intérêt commun » qui prime, selon Timan Erdimi: jamais autant de mouvements -neuf au total- n’avaient formé la même alliance.

Figure de la rébellion, le général Mahamat Nouri qui avait mené l’offensive de février 2008 s’est effacé au profit de son rival Erdimi tout en plaçant certains de ses hommes à des postes clefs.

Même constat pour d’autres leaders dont Abdelwahid Aboud Makkaye. Des leaders politiques ont aussi rejoint le mouvement, tels Djibrine Assali de l’Union des syndicats du Tchad (UST) et Zakaria Charafi, un ancien préfet. « Nous n’avons jamais été aussi forts tant au niveau politique qu’au niveau militaire », a souligné M. Koulamallah.

L’UFR, selon une source rebelle, s’est aussi considérablement renforcée avec des « centaines de pick-up et du matériel moderne ». Elle est désormais équipée de missiles sol-air, selon un de ses leaders, soulignant la possibilité d' »abattre des hélicoptères » et, ainsi, de contrer un élément clé des combats: la force aérienne de l’armée tchadienne.

« Vu les forces en présence, l’affrontement risque d’être sanglant. Malheureusement, cela sera beaucoup, beaucoup plus violent que lors des dernières attaques. C’est malheureux mais on doit passer par là pour renverser le régime dictatorial de Deby », estimait il y a peu un rebelle.

Selon une source militaire française, « Idriss Deby s’est aussi équipé avec des avions de chasse et de nouveaux hélicoptères. Il a aussi mis en place un système défensif beaucoup plus performant qu’en février 2008 ».

Début 2009, un journaliste de l’AFP avait constaté la présence d’au moins un avion de chasse Sukhoï et plusieurs nouveaux hélicoptères sur les tarmacs de N’Djamena et Abéché (est). « Il faudra qu’il trouve des gens pour les piloter », lançait toutefois Timan Erdimi. Une inconnue: l’UFR a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions?

En juin 2008, les rebelles, qui ne disposaient pas alors d’un commandement unique, avait lancé une offensive dans l’Est, sans pousser l’attaque vers l’Ouest et N’Djamena. Les combats s’étaient soldés par leur défaite à Am-Zoer.

Les militaires tchadiens, également très sûrs d’eux, avaient assuré à l’époque que c’en était fini « à jamais » de la rébellion. Ce qu’infirment les évènements de ces derniers jours dans l’est du Tchad, où des troupes de l’UFR sont entrées le 4 mai, selon N’Djamena à « bord de plusieurs centaines de véhicules » avec pour objectif N’Djamena.


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