Le Tchad menace de rompre ses relations avec le Soudan (Deby) – Le Monde

Le président tchadien Idriss Deby Itno a affirmé samedi soir, alors que son pays fait face à une offensive rebelle venue du Soudan, que le Tchad envisageait de rompre les relations diplomatiques avec Khartoum et de « retirer sa confiance » à l’Union africaine (UA).

« Le gouvernement doit réévaluer les relations entre le Soudan et le Tchad et envisage le moment venu, si la situation n’a pas évolué positivement, la rupture de ces relations », a affirmé le président tchadien dans un discours prononcé au Palais présidentiel de N’Djamena.

« A cet effet, les Centres culturels soudanais doivent être fermés et les écoles financées par le Soudan doivent être reprises par le gouvernement tchadien », a annoncé M. Deby qui s’exprimait devant les représentants des partis politiques tchadiens, toute tendances confondues.

« Les enseignants (de ces écoles) qui ne sont autres que des agents de renseignement (du Soudan) doivent regagner leur pays », a estimé le président.

M. Deby a précisé que « le Tchad ne (participerait) plus à des rencontres concernant le Soudan et (soutiendrait) ouvertement la CPI », la Cour pénale internationale qui a lancé un mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre au Darfour.

« Trop c’est trop! Le Tchad a les moyens de se défendre et défendra son peuple, son institution et son intégrité territoriale », a encore ajouté M. Deby.

Les deux pays entretiennent des relations tumultueuses et n’avaient repris leurs relations, déjà rompues en mai 2008, qu’en septembre 2008.

Le président tchadien a également fortement critiqué l’Union Africaine à qui il « envisage de retirer sa confiance » pour « confier la résolution de la crise aux seules Nations Unies ».

M. Deby reproche au bloc régional son « incapacité à trouver des solutions idoines à la crise ». Si l’UA a « fermement » condamné l’attaque rebelle, elle n’a pas voulu citer nommément le Soudan, se limitant à affirmer que « les Etats membres ne (devaient) pas servir de base arrière ou soutenir des mouvements rebelles ».

Le président tchadien a également estimé que les « représentants de la Libye et de la Chine » avaient eu un « comportement inamical lors de la réunion du Conseil de Sécurité vendredi » et que cela nécessitait « une réponse appropriée de la partie tchadienne ».

Les deux ambassadeurs seront convoqués « pour élever les protestations de la partie tchadienne », a-t-il conclu.

La Chine est considérée comme un des principaux alliés diplomatiques du Soudan.

De violents combats entre rebelles tchadiens venus du Soudan et forces gouvernementales ont fait près de 250 morts jeudi et vendredi dans l’est du Tchad. La situation semblait plus calme samedi, le gouvernement parlant de « victoire décisive » sur les rebelles.


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