L’état d’urgence prorogé de 45 jours au Tchad – Afp

Les députés tchadiens ont prorogé vendredi pour 45 jours supplémentaires l’état d’urgence instauré par le gouvernement le 16 octobre dans trois régions du nord et de l’est du Tchad après des violences communautaires, a annoncé la radio nationale.

« Le gouvernement a demandé la prorogation de l’état d’urgence pour lui permettre de lutter contre l’insécurité et juguler les conflits intercommunautaires de manière durable« , a indiqué la radio nationale tchadienne.

L’état d’urgence avait été décrété pour une durée initiale de douze jours dans la région septentrionale du BET (Borkou, Ennedi, Tibesti) et dans les régions orientales du Ouaddaï – où se trouve Abéché, principale ville de l’est – et du Wadi Fira, où est situé le département du Dar Tama, théâtre mi-octobre de violences meurtrières entre communautés tama et zaghawa.

Il devait prendre fin dimanche 28 octobre.

D’anciens rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) basés à Guéréda, la préfecture du Dar Tama, et censés intégrer l’armée, sont entrés en dissidence le 10 octobre et ont pris la direction de la frontière soudanaise.

Les jours suivants, des affrontements entre membres de la communauté tama – majoritaire au sein du Fuc – et de l’ethnie zaghawa – dont sont issus le président tchadien Idriss Deby Itno et une grande partie de son entourage -, ont fait au moins une vingtaine de morts près de Guéréda.

Le 18 octobre, des combats avaient opposé durant une heure l’armée tchadienne à des éléments de l’ex-Fuc à Goz-Beïda (700 km à l’est de N’Djamena), dans la région du Ouaddaï.

L’état d’urgence donne des pouvoirs élargis aux gouverneurs des régions concernés pour assurer l’ordre public. Ils peuvent notamment réglementer la circulation des personnes ou des véhicules, le séjour des personnes, les réunions ainsi que les perquisitions à domicile.

Il est assorti de l’instauration du « contrôle de la presse publique et privée (et) des émissions radiophoniques » sur l’ensemble du territoire tchadien.

Le Tchad avait déjà décrété entre novembre 2006 et mai 2007 l’état d’urgence sur l’essentiel de son territoire, officiellement pour tenter d’enrayer des violences intercommunautaires dans l’est du pays.

Une force européenne doit être déployée dans cette région afin d’y assurer avec des policiers de l’ONU la sécurité de quelque 230.000 réfugiés soudanais du Darfour et 170.000 déplacés tchadiens.

Le gouvernement tchadien a signé jeudi en Libye un accord de paix avec les quatre principaux groupes rebelles actifs dans l’est de son territoire.


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