Soudan et Tchad: Stratégie opérationnelle ECHO 2010: Soudan et Tchad – Relief

Soudan

Dans l’ensemble du pays, les efforts déployés pour relier l’aide humanitaire aux programmes de développement de la Commission ont été compromis par la décision de ne pas ratifier la nouvelle révision de l’accord de Cotonou. L’inculpation du président Bashir par la Cour pénale internationale a rendu la situation encore plus complexe.

Le Soudan reste le pays dans lequel la Commission mènera les plus grandes interventions humanitaires. Ceci est proportionnel à l’accroissement des besoins (plus de 6 millions de personnes affectées), l’existence simultanée de trois crises distinctes mais interdépendantes et des limitations d’accès à l’espace humanitaire, tous ces éléments ayant un impact sur les coûts.

Au Darfour, la fourniture indépendante et neutre d’assistance à des régions éloignées et touchées par des conflits a été sévèrement entravée par l’expulsion de plusieurs ONG en mars 2009 ainsi que par les obstacles administratifs et l’augmentation de l’insécurité. Les limitations d’accès et notamment leur impact sur la qualité des opérations et sur les coûts minent les activités de protection et la gestion des déplacements. L’est du pays et les zones transitoires ont été également sévèrement touchés par ces expulsions tandis que le Sud reste dans un contexte d’urgence avec des indicateurs bien au-dessus des seuils humanitaires.

En raison de l’ampleur et de la complexité de la crise du Soudan, la DG ECHO poursuivra une stratégie en trois axes. La majeure partie du financement de 2010 sera consacrée aux besoins essentiels de plusieurs millions de personnes déplacées, de réfugiés, de rapatriés, de communautés locales et de nomades. Au Darfour, l’assistance devrait être maintenue dans les camps et les zones de regroupement (également pour empêcher des retours forcés), dans les zones rurales défavorisées pour empêcher de nouveaux déplacements et dans les zones de conflit. Les domaines d’intervention prioritaires sont l’accès aux services de base et à l’aide alimentaire. Dans le Sud et dans les zones transitoires, la priorité sera accordée aux zones où les rapatriés et les communautés font face à des difficultés extrêmes aggravées par les catastrophes et les déplacements. L’appui à la réintégration des rapatriés sera également poursuivi. La DG ECHO promouvra la préparation aux catastrophes et le renforcement de la capacité de réaction à la fois de fournisseurs d’aide et des communautés, par exemple, à travers des mesures qui diminuent l’impact de l’usage de l’eau et des activités qui augmentent la capacité de résistance aux sécheresses. Enfin, l’aide aux partenaires dans leur volonté de mettre en oeuvre des opérations sûres et basées sur les principes humanitaires continuera à travers le financement de services communs, tels que le transport aérien, un engagement pour une coordination efficace et le renforcement d’une stratégie de plaidoyer et de communication visant à défendre l’espace et les principes humanitaires.

Tchad

L’accès aux bénéficiaires a été particulièrement problématique en 2009 en raison des difficultés pour assurer le déploiement complet de la MINURCAT (Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad), des attaques armées de l’opposition et des actes de banditisme. La situation à l’Est du Tchad tout comme au Darfour rend le retour des réfugiés soudanais très improbable. Au sud du pays, l’arrivée de nouveaux réfugiés centrafricains depuis le début de l’année 2009 a empiré la situation. Il existe un risque accru d’insécurité alimentaire au Tchad, particulièrement dans l’est et au centre du pays. Le risque d’inondations et d’épidémies reste élevé.

Pour répondre à cette situation, la stratégie d’aide humanitaire de la Commission se focalisera sur : tout d’abord, le maintien de stratégies concentrées sur les secteurs de la santé, de l’eau et de l’assainissement pour rendre les bénéficiaires indépendants de l’aide humanitaire ; en second lieu, l’amplification de la dynamique LRRD engagée depuis 2008 en matière de sécurité alimentaire au Sud du pays et, quand les conditions le permettent, la promotion de la sécurité alimentaire en substitution à l’aide alimentaire; troisièmement, le renforcement des capacités de réaction de la population qui est structurellement très vulnérable aux risques d’épidémies et d’inondations, ainsi qu’à l’impact climatique sur la sécurité alimentaire (ce qui requiert le renforcement des capacités de certains partenaires de la Commission au niveau national). Enfin, la préservation de l’espace humanitaire vis-à-vis d’acteurs tels que la MINURCAT ou le gouvernement tchadien, la priorité au soutien logistique (transport aérien), la coordination et les actions de plaidoyer.


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