Six ONG suspendent leurs opérations dans l’est du Tchad, selon l’ONU – Ap

Six organisations privées d’aide humanitaire, dont la Croix-Rouge internationale et Médecins sans Frontières, ont suspendu des opérations dans certains secteurs de l’est du Tchad en raison des risques encourus par leurs personnels, a annoncé vendredi la porte-parole de l’ONU Elisabeth Byrs.

Cette annonce intervient après l’enlèvement lundi de Laurent Maurice, qui travaillait pour la Croix-Rouge, et l’assassinat récent d’un humanitaire tchadien.

« C’est une suspension temporaire », a expliqué Mme Byrs, ajoutant que les opérations reprendraient dès que la sécurité sur le terrain le permettra.

La suspension des opérations laisse au moins 37.000 personnes sans aide humanitaire, dont nombre de déplacés dans le département d’Assoungha, frontalier avec le Soudan, ajoute Mme Byrs. Elle a précisé que les attaques visant les travailleurs humanitaires dans la région ont doublé par rapport à l’année dernière, et sont passées à environ 190. « Les incidents de sécurité auxquels les humanitaires sont exposés aujourd’hui sont plus graves que par le passé », a-t-elle ajouté, l’impunité et la faible présence des autorités tchadiennes encourageant les attaques.

Michael Goldfarb, porte-parole de MSF, a expliqué pour sa part que l’ONG française s’était provisoirement retirée d’Ade, près de la frontière soudanaise, mais continuait à travailler en d’autres endroits de la région.

Dans un communiqué diffusé à Paris, MSF précise mener toujours des projets sur quatre sites de l’est tchadien. Elle a suspendu ses activités à Ade en août 2009, et a « réduit ses effectifs depuis l’enlèvement d’un membre du CICR » le 9 novembre.

L’est du Tchad abrite quelque 250.000 réfugiés soudanais fuyant le conflit au Darfour voisin, des centaines de milliers de Tchadiens déplacés, ainsi que des réfugiés de République centrafricaine. Environ 70 agences de l’ONU et ONG privées leur fournissent hébergements et assistance, médicale et alimentaire. AP


Commentaires sur facebook