Soudan / Tchad : le CICR réduit ses activités sur le terrain alors que ses deux collaborateurs sont toujours en captivité – CICR

Le CICR continue d’insister auprès des ravisseurs afin qu’ils libèrent sans conditions ses deux collaborateurs : Gauthier Lefèvre, enlevé au Darfour Ouest (Soudan) le 22 octobre, et Laurent Maurice, enlevé dans l’est du Tchad le 9 novembre. Le CICR a provisoirement réduit ses activités sur le terrain au Darfour et dans l’est du Tchad. Daniel Duvillard, chef des opérations du CICR pour l’Afrique de l’Est, fait le point sur la situation.

Daniel Duvillard, chef des opérations du CICR pour l’Afrique de l’Est Quelles sont les dernières informations que vous avez obtenues sur Gauthier et Laurent ?
Nous maintenons des contacts téléphoniques réguliers avec les ravisseurs de chacun de nos collaborateurs, ainsi qu’avec les autorités locales et nationales. Nous tenons à ce que Gauthier, Laurent et leurs proches sachent que nous faisons tout notre possible pour obtenir leur libération au plus vite. Nous n’évoquons cependant pas ces efforts dans le détail, afin de ne pas compromettre le travail accompli pour résoudre ces deux crises.

Le CICR a-t-il réduit ses activités sur le terrain au Soudan et au Tchad ?

Oui. Après les enlèvements, nous avons immédiatement suspendu tout déplacement des équipes sur le terrain au Darfour Ouest et dans l’est du Tchad, et ce jusqu’à nouvel ordre. Les deux crises n’ayant toujours pas trouvé d’issue favorable, nous avons entrepris d’étendre la mesure à toute la région du Darfour et d’adapter notre présence sur le terrain en conséquence, tant dans cette région que dans l’est du Tchad.

Quels effets cette réduction des activités a-t-elle sur les personnes touchées par le conflit qui ont besoin d’aide ?

Nous nous efforçons de faire en sorte que les personnes qui ont besoin d’aide continuent à avoir accès aux services de première nécessité. Je pense en particulier aux services que personne d’autre n’est en mesure de leur fournir, par exemple dans le camp de déplacés de Gereida (Darfour Sud), ainsi qu’à des services vitaux, comme le programme chirurgical d’urgence à l’hôpital d’Abéché (est du Tchad). Nous continuons également à apporter une assistance matérielle aux structures locales, telles que les centres de soins de santé primaires, et de soutenir les activités de nos partenaires locaux dans ces régions, à savoir le Croissant-Rouge soudanais et la Croix-Rouge du Tchad.

Avant les enlèvements, le CICR travaillait dans des zones rurales reculées du Darfour et de l’est du Tchad, où très peu d’autres organisations sont présentes. Nous faisions en sorte que les personnes aient accès à l’eau potable et les aidions à subvenir à leurs propres besoins en menant des projets dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage. Le fait que nous ayons été obligés de réduire nos activités sur le terrain a des répercussions sur les services que nous sommes en mesure d’offrir à ces personnes. C’est une situation que nous déplorons profondément. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la libération immédiate et sans conditions de nos deux collaborateurs, ce qui nous permettra de rétablir ces activités dans les meilleurs délais.

Enfin, nous tenons à souligner que cette réduction n’a aucune incidence sur le travail que nous accomplissons dans d’autres régions du Tchad et du Soudan.


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