Tchad: le rédacteur en chef du journal La Voix enlevé dimanche à N’Djamena – Afp

Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire privé tchadien La Voix, Innocent Ebodé, de nationalité camerounaise, a été enlevé dimanche matin à son domicile à N’Djamena par des hommes non identifiés, ont affirmé à l’AFP son entourage et un avocat du journal.

M. Ebodé avait été expulsé du Tchad mi-octobre, officiellement pour séjour irrégulier. Il « est revenu à N’Djamena il y a à peu près deux semaines », a précisé l’avocat, Me Jean-Bernard Padaré.

Le journaliste a été enlevé dimanche vers 10H00 locales (09H00 GMT). « Des messieurs sont venus le chercher à la maison. Au niveau du portail, une voiture rouge a garé (…). On ne sait même pas où ils l’ont emmené », a dit l’épouse de M. Ebodé, en pleurs.

Un employé de La Voix qui s’apprêtait à le conduire à la rédaction a précisé avoir vu trois hommes, en civil, dans la voiture lorsqu’elle s’est « immobilisée devant le portail » de M. Ebodé, dans le quartier de Moursal.

« Un homme est venu (le) saluer. Il ne s’est pas présenté, il a fait comme s’il (le) connaissait. Il l’a +tiré+ à l’intérieur. La voiture est partie (…) en direction du commissariat central », a expliqué Amadou Bouba Gong-Daba, comptable du journal.

Me Padaré a précisé que le véhicule utilisé avait « une fausse plaque d’immatriculation ». Il a indiqué n’avoir aucune indication sur sa destination et sur son sort.

« Si Innocent Ebodé a commis une infraction, qu’on le convoque régulièrement », a-t-il ajouté, dénonçant une méthode « absolument illégale et irrégulière » pour faire taire le journal.

Le 3 décembre, la justice tchadienne a ordonné la saisie de toutes les publications de La Voix, estimant que le journal n’était pas en règle sur le plan administratif. Selon des autorités, cette décision était motivée par l’absence de directeur de publication, en l’occurence M. Ebodé.

D’après Me Padaré, l' »enlèvement » d’Innocent Ebodé vise à l’empêcher d’assister à une audience prévue la semaine prochaine, qui aurait permis de constater que la décision de saisie de La Voix « est devenue caduque ».

Lancé au mois de mai, l’hebdomadaire qui emploie une dizaine de personnes tire à 2.000 exemplaires, un nombre important pour le Tchad.


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