Faux dinars de Bahreïn: des peines allant jusqu’à 7 ans de prison – Le Monde

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mercredi à des peines de prison ferme allant de 18 mois à 7 ans sept personnes impliquées dans l’affaire des « faux dinars de Bahreïn », une opération de contrefaçon aux multiples ramifications internationales.

Les sept prévenus devront verser 4,5 millions d’euros à la Banque centrale de Bahreïn, « au titre de l’impression de nouveaux billets et de la destruction des billets ».

Afin de réparer « le préjudice d’image », ils devront en outre verser 500.000 euros à la banque centrale et 500.000 euros au royaume arabe.

Ce trafic de fausse monnaie, qui remonte à plus de dix ans, a porté sur 140 millions de dinars bahreïnis (300 millions d’euros) et donné lieu à de nombreuses autres procédures à l’étranger: Argentine, Suisse, Belgique, Afrique du Sud, Dubaï, Bahreïn …

C’est le Congolais (de RDCongo, ex-Zaïre) Richard Nozy Mwamba, absent, qui a écopé mercredi de la peine la plus lourde: 7 ans d’emprisonnement.

S’il a été relaxé des faits de détention de fausse monnaie, il a en revanche été jugé coupable d’association de malfaiteurs en vue de commettre un délit. Le mandat d’arrêt à son encontre a été maintenu.

A l’audience, le ministère public avait épinglé son « rôle clé du début à la fin ».

Un autre Congolais, Jean-Pierre Kimbangala, passé maître lui aussi, selon l’accusation, dans le transport de « valises de billets », a été condamné à 5 ans de prison. Une peine identique a été prononcée à l’encontre du second absent au procès, le Tchadien Hassan Fadoul Kitir, ancien conseiller spécial du président Idriss Deby Itno.

Des peines allant de 18 mois à 3 ans ferme ont été prononcées contre les quatre autres prévenus, accusés d’avoir organisé la réception et l’écoulement des fausses coupures sur le territoire français: Claude Sokolovitch, Jacques Milliet, Jean-Pierre Chariou et Jocelyne Lagalice.

De nationalité française, ils seront privés de leurs droits civiques pour une durée de cinq ans.

En dépit de leurs dénégations, les magistrats de la 11e chambre ont considéré qu’ils avaient « tous agi de mauvaise foi en ayant conscience du caractère contrefait des billets et de leur participation à une opération de blanchiment ».

L’affaire avait commencé par l’interpellation en juin 1998 à Paris de six personnes qui chargeaient des valises dans deux véhicules du palais Bourbon (VIIe arrondissement). Elles étaient soupçonnées d’avoir changé dans diverses agences parisiennes de faux dinars de Bahreïn.

L’enquête avait révélé une escroquerie sans précédent qui allait contraindre les autorités de Bahreïn, parmi les principales places bancaires du Golfe, à émettre une alerte aux faux billets et à retirer de la circulation des coupures de 20 dinars.

Si 86 millions de dinars contrefaits ont depuis été saisis dans le monde, 54 millions seraient toujours dans la nature.

Il a été établi que les billets avaient été imprimés en Argentine par la société Ciccone, et avaient ensuite transité par le Niger et le Tchad, avant d’être échangés au Moyen-Orient et en Europe, notamment à Paris.

L’enquête française n’a toutefois pas permis d’identifier les « cerveaux ». Le Marocain Hicham Mandari, un des principaux suspects qui se présentait comme un ancien proche du roi Hassan II, a été assassiné en août 2004 en Espagne dans des circonstances non élucidées.


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