Arabes Choas et Kotokos se battent autour d’un projet – Le Messager

En procédant au lancement officiel du projet de développement rural intégré du Chari-Logone (PDRI-CL) à Kousseri ce 17 février 2010, le ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (MINEPAT) s’est plutôt livré à une messe de pacification. Et pour cause, la désignation du coordonnateur de ce projet a fait couler beaucoup d’encre et de salive au sein des deux principales communautés ethniques qui peuplent le département du Logone et Chari.

Arabes Choas et Kotoko, habituellement sur le pied de guerre lorsqu’il s’agit de défendre un intérêt quelconque se sont disputé le fauteuil de coordonnateur malgré l’appel à candidature dont ce poste a fait l’objet. Cette polémique a d’ailleurs retardé le lancement du projet de près de deux ans. En fin de compte, le ministre Louis Paul Motazé installé les membres de l’équipe dirigeante, non sans avoir vertement invité les deux communautés à s’incliner devant le choix du ministère de tutelle. C’est d’abord le maire de la commune de Kousseri qui est monté au créneau en premier lieu pour stigmatiser de tels agissements. Mahamat Abdoulkarim, dans son propos a tenu à dire que « il ne peut en aucun cas et sous quelque prétexte que ce soit être le projet d’un clan, d’une ethnie ou des militants d’un parti politique, fut-il le Rdpc. Car au moment où les plaies résultant des problèmes sociaux que nous avons connus en 1992 se sont définitivement cicatrisés, il serait hasardeux que par la composition de l’équipe chargée de la mise en œuvre dudit projet, qu’on vienne un temps soit peu à les rouvrir ». Il sera rejoint quelques instants après par le MINEPAT. Connaissant bien le « dossier » comme ministre de tutelle du projet et partageant un lien familial avec le Logone et Chari, Louis Paul Motazé n’a pas lésiné sur les mots à employer pour amener tout le monde au consensus autour du développement du département. Il a « invité les populations qui sont les bénéficiaires ultimes de ce projet à apporter leur appui aux responsables installés et à éviter les querelles inutiles qui ont déjà retardé sa mise en œuvre ». Un message qui semble avoir été assimilé par tous, tant les applaudissements d’une foule nombreuse en donnaient la mesure. Et pour que le message porte toute sa teneur, Louis Paul Motazé était accompagné de plusieurs membres du gouvernement dont Adoum Garoua de la jeunesse, Catherine Bakang Mbock des affaires sociales, Marie Thérèse Obama de la promotion de la femme et de la famille et Adoum Gargoum, ministre délégué auprès du ministre des relations extérieures chargé du monde islamique.

Grenier agricole

Après cette mise au point, Louis Paul Motazé a procédé à l’installation de Mahamat Abakar comme coordonnateur du Projet, Djamal Moustapha comme président de la commission des marchés, Tolaba Kali comme administrateur comptable, Manatchéo Balgdagaye comme expert en suivi et évaluation et Aminatou Boutou comme comptable. A la nouvelle équipe, le ministre a dit que « les attentes sont nombreuses et il vous revient de les transformer en réalisations concrètes. Vous avez étés sélectionnés par un processus rigoureux mais la vraie épreuve commence. Celle du terrain et à ce niveau, il vous revient de nous démontrer et de démontrer à tous que vous êtes vraiment à la hauteur. Les populations, le gouvernement et nos partenaires au développement vous regardent ».

Le PDRI-CL est un projet de près de 10 milliards de francs CFA, cofinancé par l’Etat du Cameroun, le fonds de l’OPEP et la Banque Islamique de Développement. Il permettra d’améliorer la sécurité alimentaire par le développement de la pêche, de l’agriculture irriguée, le forage des puits, la création des marres d’eau et étangs, la construction de silos et de magasins de céréales afin de réduire les pertes après récoltes. Il va aussi susciter le développement de certains infrastructures sociales et environnementales telles que les salles de classe, les aires de jeu, la plantation d’arbres et de vergers en vue de lutter contre la désertification et la réhabilitation des pistes rurales.

Enfin, le ministre Motazé dira que le projet permettra au gouvernement de s’orienter vers la recherche de l’un de ses objectifs majeurs à savoir » faire du Logone et Chari le grenier de la sous région. Après avoir atteint leur propre autosuffisance alimentaire, ces populations pourraient approvisionner les pays voisins comme le Nigeria, le Tchad, le Niger et la Centrafrique ».


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