Bac tchadien : sale temps pour les mercenaires et faussaires camerounais – Le Messager

Ils sont plusieurs milliers de Camerounais à se ruer vers le bac tchadien. Parce que, dit-on, c’est un diplôme international. Mais la procédure de dépôt des dossiers aux examens tchadiens vient de connaître une formelle modification. Désormais, la présence effective du candidat dans l’établissement, à l’office du baccalauréat ou à tout autre lieu de dépôt est obligatoire.

Le candidat devra se soumettre à ce qu’on appelle désormais « la carte biométrique », une carte d’accès numérique où est directement incorporée sa photo. Selon les explications de Fouda Justin, responsable camerounais des examens tchadiens qui travaille en collaboration avec le consulat du Tchad à Garoua, « le candidat se présente devant l’ordinateur, on le filme et on y stocke ses cordonnées (identité, empreintes digitales des 10 doigts, signatures) qui vont ressortir sur sa carte biométrique et éventuellement sur son diplôme en cas de réussite ».

Cette mesure vise deux objectifs. D’abord donner la chance aux vrais et sérieux candidats de bien constituer leur dossier et éradiquer le phénomène de substitution de candidat ou de mercenariat auquel aiment se livrer les Camerounais. Le deuxième objectif vise à sécuriser les diplômes pour qu’ils ne soient pas retirés par un tiers. Puisque la photo y est numériquement incorporée, elle ne peut être décollée et remplacée par une autre demi carte photo comme par le passé. « Avant, on collait les photos sur le diplôme et n’importe qui pouvait la décoller et remplacer par la sienne », explique un ancien démarcheur.

Sécurité

Selon Abdelrahim Akacha, président de l’office du baccalauréat tchadien, « les candidats libres désireux de se présenter au baccalauréat tchadien doivent donc impérativement présenter l’original de leur probatoire. Toutefois, ceux qui ne sont pas titulaires d’un probatoire ont la latitude de s’inscrire en terminale dans un lycée tchadien et y fréquenter régulièrement. Ils peuvent donc de ce fait déposer leurs dossiers de baccalauréat même sans probatoire ». En cette période, les officiels de l’OBT et de l’ONET sillonnent les différents établissements pour identifier physiquement les candidats. Pour Dr Makaye Hassan Taïsso, directeur général de l’office national des examens et concours du supérieur, « avant n’importe qui pouvait déposer le dossier et le nombre de démarcheurs véreux allait croissant. Avec cette mesure, cela va les réduire considérablement ».

Ceci, à la grande satisfaction des certains parents et enseignants camerounais. « Enfin, le gouvernement tchadien a trouvé une solution efficace contre le mercenariat et un mécanisme de sécurisation des diplômes tchadiens. Les démarcheurs véreux sont maintenant hors circuit parce que c’est le candidat lui-même qui doit constituer son propre dossier. Si le Cameroun faisait autant, ce serait une bonne chose parce qu’au Cameroun, il y a toujours des candidats qui composent à la place des autres », commente un enseignant en poste à Kousseri. Parmi les faussaires, on dénombre ceux qui ont des difficultés à déposer le dossier et qui veulent à tout prix avoir un diplôme tchadien reconnu internationalement, il y a aussi ceux qui se confient aux faussaires qui leur fabriquent de faux diplômes signés parfois par le ministre de l’Agriculture ou le ministre de l’Elevage, enfin, il y a ceux qui ont composé et échoué et qui doivent rentrer à tout prix avec un diplôme tchadien parce que, selon eux, on n’échoue pas au diplôme tchadien.


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