10 millions d’Africains menacés par la famine au Sahel – AFP

Oxfam a appelé mercredi à des «réponses urgentes» face à la menace d’une «grave crise alimentaire» dans le Sahel, et particulièrement au Niger, qui pourrait toucher «près de dix millions de personnes» lors des prochains mois.

«Depuis plusieurs mois, les signes annonciateurs d’une crise alimentaire au Sahel se multiplient. Le pays le plus touché est le Niger, mais des régions au Tchad, au Mali, au Burkina Faso et au Nigeria sont également affectées», affirme l’ONG dans un communiqué.

Selon elle, «ces prochains mois, ce sont près de dix millions de personnes dans la région qui sont menacées par une grave crise alimentaire».

Les populations du Sahel, en situation de malnutrition chronique depuis des années, ont été plongées dans une situation de crise par le manque de pluies en 2009. «Si rien n’est fait aujourd’hui, cette crise s’annonce dévastatrice», s’est alarmé Jean-Denis Crola, responsable à Oxfam France.

Un «appel formel» du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) devrait être rendu public le 6 avril à Genève, avance Oxfam.

Au Niger, où le Programme alimentaire mondial (PAM) va doubler son aide parlant de «défi humanitaire majeur» et où les récoltes ont chuté de 25%, la période d’avril à juin sera la plus difficile dans les régions pastorales tandis que la crise pourrait perdurer jusqu’à septembre dans les régions agricoles, selon Oxfam.

«À la crise de disponibilité des aliments s’ajoute une crise récurrente des prix, ils demeurent trop chers pour de nombreux ménages pauvres: dans l’Ouest du Niger, les prix du millet ont augmenté de 20 à 25%, ceux du sorgho jusqu’à 50% en décembre 2009», a détaillé M. Crola.

Pour Oxfam France, «les pays donateurs, les gouvernements ouest africains et les Nations unies doivent apporter de toute urgence une réponse coordonnée et dotée de ressources suffisantes pour éviter une catastrophe».

Enfin, au-delà de l’urgence, «il est indispensable de s’attaquer aux causes profondes de la faim et la malnutrition dans la région» en soutenant «les politiques et programmes agricoles et alimentaires nationaux en cours d’élaboration, centrés sur le développement de l’agriculture familiale».


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