Le chef d’un mouvement rebelle du Darfour expulsé du Tchad – Afp

Le chef d’un important mouvement rebelle du Darfour a été expulsé mercredi par les autorités tchadiennes vers la Libye d’où il était arrivé dans la nuit de mardi à mercredi, a affirmé à l’AFP le ministre de l’Intérieur tchadien Ahmat Mahamat Bachir.

Le chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), « Khalil Ibrahim a été expulsé il y a quelques minutes (18h GMT) vers la Libye au nom du rétablissement des bonnes relations avec le Soudan », a affirmé M. Bachir, joint depuis Libreville, qui a précisé que sa « présence au Tchad n’était plus souhaitée ».

Khalil Ibrahim et plusieurs autres responsables de sa formation, se sont vu confisquer leur passeport à leur arrivée dans la nuit de mardi à mercredi, en provenance de Tripoli en Libye, avait déclaré à l’AFP à Khartoum, Ahmad Hussein Adam, porte-parole du mouvement.

« On leur a dit qu’ils ne pouvaient plus entrer au Tchad et demandé de repartir » pour la Libye, a-t-il déclaré au téléphone depuis Londres. Mais le pilote de l’appareil de la compagnie libyenne Al-Afriqiyah a refusé de les faire embarquer vu qu’ils ne disposaient plus de leur passeport, selon lui.

Le porte-parole a déclaré que son mouvement tenait « le gouvernement du Tchad et son président Idriss Deby responsables » de la situation de M. Ibrahim. « Nous demandons qu’il soit relâché et qu’on le laisse aller au Darfour », province en guerre civile limitrophe du Tchad.

Le gouvernement soudanais a estimé que la décision tchadienne reflétait le rapprochement de Khartoum et N’Djamena, qui ont décidé en janvier de normaliser leurs relations après des années de tensions.

« Cette mesure reflète les relations amicales entre les deux pays et leurs engagements envers l’accord qu’ils ont signé pour normaliser leurs liens et parvenir à la paix dans la région », a déclaré le porte-parole du gouvernement Kamal Ebeid.

Khartoum et le JEM, le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, sont parvenus à un cessez-le-feu doublé d’un accord politique en février, mais les pourparlers de Doha n’ont pas débouché sur une paix durable à la date prévue du 15 mars. La semaine dernière, le JEM a même souligné qu’aucune reprise des négociations n’était en vue avec le gouvernement.

« Nous rejetons cette opération du gouvernement tchadien visant à pousser le JEM à signer un accord qui va à l’encontre des intérêts du peuple du Darfour », a dit mercredi le porte-parole du mouvement.

La décision tchadienne est un message indiquant à M. Ibrahim que « la seule voie est celle de la négociation », a jugé au contraire M. Ebeid.

Par le passé, la présence de M. Ibrahim au Tchad et notamment à N’Djamena était acceptée par les autorités.

Le Tchad et le Soudan se sont engagés notamment à cesser tout soutien à leurs mouvements rebelles respectifs


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