Le Tchad refuse l’entrée sur son territoire à un dirigeant rebelle du Darfour – AP

Le Tchad a refusé l’entrée sur son territoire au chef du plus puissant groupe rebelle du Darfour, mercredi, l’empêchant de rejoindre son mouvement dans la région soudanaise ravagée par des années de guerre.

Le ministre tchadien de l’Intérieur Ahmat Mahamat Bachir a précisé que le leader du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) Khalil Ibrahim était arrivé de Tripoli à bord d’un vol libyen. Des unités de sécurité ont encerclé l’avion, lui refusant l’entrée sur le territoire tchadien. « Il n’était pas bienvenu au Tchad », a déclaré le ministre.

Ahmed Hussein, porte-parole du groupe, a expliqué que les autorités tchadiennes avaient saisi les documents de voyage d’Ibrahim et ceux des membres de la délégation qui l’accompagnaient, leur expliquant qu’ils devaient retourner dans le pays d’où ils venaient.

L’équipage de l’appareil a cependant refusé de les ramener en Libye, en raison des documents manquants.

« C’est un grave précédent », a jugé Ahmed Hussein, qualifiant la décision de stopper le dirigeant du mouvement à l’aéroport d’illégale et de « complot » en vue de contraindre le groupe à reprendre les négociations de paix.

Le Tchad ne peut pas remettre Ibrahim au Soudan car il court le risque de devoir faire face à de « graves conséquences », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du JEM a demandé au Tchad et au médiateur conjoint ONU-Union africaine d’intervenir et d’autoriser Ibrahim à rentrer au Soudan, une région de l’ouest du Darfour, où sept années de rébellion ont fait des centaines de milliers de victimes. Un itinéraire couramment emprunté pour se rendre au Darfour passe par le Tchad. AP


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