Tchad: l’humanitaire de l’ONG Oxfam enlevé le 6 juin libéré – Afp

L’employé britannique de l’ONG britannique Oxfam enlevé le 6 juin à Abéché, dans l’est du Tchad, a été « retrouvé et libéré », a affirmé mardi à l’AFP le ministre tchadien de l’Intérieur et de la Sécurité Ahmat Mahamat Bachir.

« Nous avons retrouvé et libéré l’otage d’Oxfam », a affirmé M. Mahamat Bachir avant une déclaration en soirée du Premier ministre tchadien Emmanuel Nadingar.

« Je peux vous assurer qu’à la date d’aujourd’hui M. Hubert Blama et ses ravisseurs ont été cueillis par les forces de défense et de sécurité sur le site de Sarné, à 45 km de Birak (est du Tchad à la frontière Tchad-Soudan) », a affirmé le Premier ministre.

« Ils ont été retrouvés à bord de leur propre véhicule et celui de l’otage. Présentement, l’otage libéré et les ravisseurs sont entre les mains des forces de défense et de sécurité à l’est du pays », a poursuivi M. Nadingar, sans donner de détails sur l’opération de libération.

« Nous promettons que le mystère de cette misérable aventure sera dévoilée dans les jours à venir et que justice sera faite », a ajouté le Premier ministre, qui s’est également voulu rassurant quant au travail de humanitaires dans la région dans cette zone instable.

« Le gouvernement veille et veillera toujours à la sécurité du pays et à la défense nationale. Toutes les disposition ont été prises pour que les populations déplacées, les réfugiés et les humanitaires soient protégés », a-t-il précisé.

Un haut responsable de l’Agence nationale sécurité (ANS, service de renseignement) avait annoncé en début de soirée que l’otage « regagnera N’Djamena certainement demain (mercredi) matin ».

L’employé avait été enlevé le dimanche 6 juin par des hommes armés en sortant d’un restaurant d’Abéché, métropole de l’est du pays où sont concentrées de nombreuses ONG et agences onusiennes d’aide aux réfugiés du Darfour et déplacés tchadiens.

L’employé se trouvait en compagnie d’un collègue congolais et de son chauffeur tchadien qui avaient été relâchés par les ravisseurs à 70 km à l’est d’Abeché, près de la frontière avec le Soudan.

L’est du Tchad, le Darfour (ouest Soudan) et le nord de la Centrafrique sont le théâtre depuis plus d’un an de nombreux enlèvements de travailleurs humanitaires. Jusqu’ici, les enlèvements récents dans l’est du Tchad se sont terminés par la libération des otages.

Cette partie du Tchad abrite des réfugiés venus du Darfour en guerre civile et de la République centrafricaine, mais également des déplacés tchadiens, pour un total estimé globalement à environ 450.000 personnes.

L’est du Tchad est en proie aux bandits et « coupeurs de route ». Les ONG ont souvent dénoncé leurs conditions précaires de sécurité. En mars 2009, Oxfam estimait qu’il y avait « 25 attaques d’ONG » tous les mois dans la zone.

Cet enlèvement est survenu alors que le Tchad a obtenu il y a un mois le départ la Minurcat avant décembre avec un désengagement rapide d’ici octobre.

Les autorités tchadiennes assuraient que le départ de la Minurcat ne créerait pas un « vide sécuritaire » alors que de nombreuses voix demandaient un maintien de la force.

Le retrait « augmentera l’insécurité dans la zone et minera les tentatives d’assistance humanitaires et de secours » et « mettra en danger la sécurité de milliers de réfugiés et d’autres groupes vulnérables », estimait notamment fin mai Amnesty International.


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