Deux chefs rebelles soudanais devant la Cour pénale internationale à la Haye – Afp

Deux chefs rebelles soudanais soupçonnés de crimes de guerre au Darfour sont arrivés mercredi à la Haye après s’être rendus volontairement pour comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé la CPI.

« Abdallah Banda Abaker Nourain (« Banda ») et Saleh Mohammed Jerbo Jamus (« Jerbo »), soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre au Darfour (Soudan), sont volontairement arrivés ce matin à la Cour pénale internationale », a indiqué la CPI dans un communiqué.

« Banda et Jerbo devront répondre de trois chefs de crimes de guerre qui auraient été commis dans le cadre d’une attaque lancée le 29 septembre 2007 contre la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS) », stationnée à la base militaire d’Haskanita (nord du Darfour), a précisé la CPI.

Près de mille assaillants armés de canons antiaériens, de pièces d’artillerie et de lance-roquettes auraient tué douze soldats de la MUAS et en auraient grièvement blessés huit, a souligné la Cour.

« Ils auraient également détruit des installations de communication, des dortoirs, des véhicules et autres matériels appartenant à la MUAS et se seraient emparés de biens lui appartenant », notamment des véhicules, de l’argent, des munitions et des uniformes militaires, selon la CPI.

L’attaque aurait été menée par des troupes appartenant à l’Armée de libération du Soudan-Unité, sous le commandement de Jerbo, conjointement avec des forces dissidentes du Mouvement pour la justice et l’égalité, placées sous le commandement de Banda.

Une chambre préliminaire a estimé qu’il y a des motifs raisonnables de croire que Banda et Jerbo sont responsables de meurtre, de l’attaque intentionnelle d’une mission de maintien de la paix, et de pillage, a expliqué la CPI.

Les deux chefs rebelles séjourneront dans un lieu que leur aura assigné la Cour jusqu’à l’audience de comparution initiale.

Une audience de première comparution a été programmée pour jeudi, durant laquelle les deux suspects seront informés des crimes qui leur sont reprochés ainsi que de leurs droits, a souligné la Cour.

Le conflit au Darfour, qui a débuté en 2003, a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon l’ONU. Khartoum parle de 10.000 morts.

Le président soudanais Omar el-Béchir fait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI, au même titre qu’Ahmed Haroun, un ancien ministre soudanais des Affaires humanitaires et Ali Kosheib, le chef de la milice pro-gouvernementale janjawid.

La CPI avait refusé, le 8 février, de poursuivre le chef rebelle Bahar Idriss Abu Garda pour son rôle dans l’attaque d’Haskanita car les juges avaient estimé qu’il n’y avait pas assez d’élements prouvant sa responsabilité dans l’attaque.


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