Idriss Deby critique la présence militaire française au Tchad – Rfi

Le président tchadien, Idriss Déby, a remis en cause la présence militaire française dans son pays, au cours d’une conférence tenue le 11 août. Il estime que l’opération Epervier ne joue plus son rôle et que la France doit verser une contrepartie financière à son pays si elle veut maintenir une présence militaire. La France s’est dite « prête à examiner » la demande du Tchad.

De sombres nuages planent-ils sur la relation franco-tchadienne ? A Ndjamena comme à Paris, on affirme que non. Alors comment comprendre les propos d’Idriss Déby ? Tout d’abord, le chef de l’Etat tchadien sait parfaitement que pour des raisons budgétaires le départ d’Epervier est très sérieusement envisagé par les autorités françaises.

Le millier de soldats de l’ex-puissance coloniale n’a pas encore commencé à faire ses valises, mais pour Idriss Déby, il n’est pas inutile de se présenter comme l’initiateur de cet éventuel départ et aussi de revêtir le costume du premier défenseur des intérêts de la patrie un jour de commémoration de l’indépendance.

Idriss Deby donne des gages à ses voisins

Le président tchadien, qui a grandement bénéficié de la présence militaire française lors des deux dernières attaques rebelles sur Ndjamena, semble bien avoir décidé de reprendre à son compte les demandes de ses pairs Abdoulaye Wade et Ismael Omar Guelleh. Les présidents sénégalais et djiboutien veulent que la France paye plus pour maintenir des soldats dans leurs pays. Idriss Déby souhaite donc qu’il en soit de même pour le Tchad.

Ces déclarations du président tchadien ont enfin un objectif diplomatique auprès de deux de ses voisins. Dans une période de détente avec le Soudan, il donne des gages à son ancien ennemi Omar el-Béchir. Il en donne également à Mouammar Khadafi qui n’a jamais supporté une présence militaire occidentale dans ce qu’il considère être son pré carré.


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