Crise alimentaire au Tchad: «1 enfant sur 5 n’atteint pas 5 ans» – Fasozine

A l’occasion de la journée de l’Humanitaire, Action contre la Faim (ACF-F) et OXFAM s’engagent dans une logique de diagnostic et d’action commune pour une réponse durable à l’insécurité alimentaire qui frappe 2 millions de personnes dans la bande sahélienne du Tchad. Les deux organisations insistent ainsi, sur la nécessité d’une implication sur le long terme des bailleurs pour relever ce défi, révèle ce communiqué de presse.

«Les enquêtes nutritionnelles publiées le 18 août 2010 par Action contre la Faim pour l’ouest de la bande sahélienne du Tchad font état de niveaux de malnutrition encore plus élevés qu’au Niger. L’analyse des données nutritionnelles des deux pays souligne le volume et la qualité de la réponse engagée depuis 2005 au Niger et le chemin qui reste à parcourir au Tchad.L’analyse des données nutritionnelles des 15 dernières années illustre la nature à la fois structurelle et conjoncturelle de la crise qui secoue la zone sahélienne.

Au Tchad, 1 enfant sur 5 n’atteint pas l’âge de 5 ans. La malnutrition est un facteur essentiel fragilisant l’état sanitaire des populations et constitue un indicateur fiable de leur vulnérabilité.

L’insécurité alimentaire met en relief les problèmes d’accès à la terre, de disponibilité et d’usage de l’eau ainsi que la dépendance accrue aux marchés. La place des femmes et les problèmes d’accès aux soins de santé aggravent la situation. «A Moussoro, avec près de 30% d’enfants malnutris, la situation explique une action d’urgence mais également la nécessité d’un vrai travail de fond, coordonné, sur l’accès et la qualité des soins. La frustration aujourd’hui est que la réponse se concentre sur les activités curatives. Les actions de prévention visant l’amélioration de la production, la sécurisation de la mobilité des éleveurs comme les systèmes d’alerte précoce ne sont pas encore assez considérés», déclare Jean-Francois Carémel, chef de mission d’Action contre la faim.

La complexité de la crise implique une réponse intégrant la sécurité alimentaire, la nutrition, l’accès à l’eau et à la santé. Action contre la faim et OXFAM s’engagent dans ces domaines, dans une logique de diagnostic commun, de réponse rapide et de long terme dans le Sahel tchadien. A l’occasion de la journée de l’humanitaire, les deux organisations attirent l’attention de la communauté internationale, des bailleurs de fonds et des décideurs sur la nécessité de financements à long terme d’approches partenariales visant l’appui et le développement d’une capacité de réponse locale.»

NB: Taux de malnutrition global de 16.7% au Niger, avec dans les régions les plus touchées des taux de 21.7 (Diffa, frontière Tchad) et de 19.1 (Maradi) – données MSP et INS, contre 22,67% dans la région du Kanem et 28,1 % dans la région du BeG- données enquêtes nutritionnelles ACF, conduite du 20 Juillet au 10 Août 2010.


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