Tchad: RSF demande à Deby de ne pas promulguer la nouvelle loi sur la presse – Afp

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) « regrette » l’adoption d’une nouvelle loi sur la presse mercredi au Tchad et demande au président Idriss Deby de ne pas la promulguer, dans un communiqué reçu jeudi par l’AFP à Libreville.

« Reporters sans frontières regrette l’adoption par l’Assemblée nationale tchadienne (…) du projet de loi sur le régime de la presse réintroduit au début du mois par le gouvernement », indique l’ONG qui « demande au président de la République, Idriss Déby, de ne pas promulguer ce texte ».

« Pour les délits de presse (diffamation et injures), les peines d’emprisonnement sont supprimées », souligne la loi jugée moins répressive que les mesures prises en 2008 lors d’une tentative de renversement du régime. L’offense au chef de l’Etat figurant dans l’ancienne loi est aussi supprimé.

Des peines d’emprisonnement de 6 mois à un an, des amendes de 100.000 à 1 million de F CFA (150 à 1.500 euros) ainsi que des suspensions de parution de six mois, sont toutefois introduites dans la nouvelle loi pour les « crimes » comme l’incitation à la haine raciale ou ethnique ou l’apologie de la violence.

« Cette dernière disposition n’est pas assez claire et laisse la place à des interprétations extensives qui peuvent se retourner contre les journalistes », a estimé Reporters sans frontières.

« Personne n’est dupe, les autorités tchadiennes prétendent avoir effectué une avancée majeure en proposant la dépénalisation des délits de presse mais les peines de prison pour les journalistes n’ont pas disparu puisqu’elles sont supprimées d’un côté et réintroduites de l’autre. (…) Le gouvernement reprend d’un côté ce qu’il donne de l’autre », a déclaré RSF.

Selon l’ONG, si le texte « entre en vigueur après promulgation par le chef de l’Etat, (il) placera une épée de Damoclès sur la tête des journalistes et des médias tchadiens ».

En juin, l’Assemblée avait rejeté un précédent projet de loi le jugeant trop sévère.

En février 2008, après l’offensive rebelle qui avait failli renverser le régime du président Idriss Deby Itno, le pouvoir avait promulgué dans le cadre des mesures d’exception « l’ordonnance 5 » qui pénalisait de nombreux délits de presse.


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