Sahel tachdien : un enfant sur quatre est malnutri selon Action contre la Faim – New Press

Le Tchad est un des pays les plus affectés par la crise alimentaire qui touche actuellement le Sahel. Les résultats d’une enquête nutritionnelle conduite en juillet et août par Action contre la Faim à l’ouest du pays font état d’une crise touchant 1 enfant de moins de 5 ans sur 4. La malnutrition est l’une des causes majeures de la mortalité infantile, dans un pays où 1 enfant sur 5 n’atteint pas l’âge de 5 ans.

Les premiers résultats des enquêtes nutritionnelles annoncés le 18 août 2010 par Action contre la Faim pour l’ouest de la bande sahélienne du Tchad font état de taux de malnutrition touchant 1 enfant de moins de 5 ans sur 4.

Ces enquêtes ont été menées par ACF en partenariat avec le Ministère de la Santé, l’UNICEF, le PAM et les bailleurs le Service d’Aide Humanitaire et de Protection Civile de la Commission Européenne (ECHO) et le UK Department for International Développent (DFID).

Ces taux mettent en évidence des problèmes de malnutrition encore plus sévères qu’au Niger, pays qui reste néanmoins le plus frappé en nombre de personnes affectées par la crise actuelle. Particulièrement vulnérables, les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées sont en effet les plus affectés.

Au Tchad, 1 enfant sur 5 n’atteint pas l’âge de 5 ans. La malnutrition explique en grande partie ces taux très élevés de mortalité. L’insécurité alimentaire est un phénomène complexe, qui met en relief les problèmes d’accès à la terre, de disponibilité et d’usage de l’eau ainsi que la dépendance accrue aux marchés. La place des femmes et les problèmes d’accès aux soins de santé contribuent également à cette situation.

Parce que cette crise est complexe, elle implique une réponse intégrant la sécurité alimentaire, la nutrition, l’accès à l’eau et à la santé. « A Moussoro avec près de 30% d’enfants malnutris, la situation nécessite une action d’urgence mais souligne également la nécessité d’un vrai travail de fond. La frustration vient aujourd’hui du fait que la réponse se concentre sur les activités curatives. Les actions de prévention visant l’amélioration de la production, la sécurisation de la mobilité des éleveurs comme les systèmes d’alerte précoce ne sont pas encore assez considérés» déclare Jean-Francois Carémel, Chef de mission d’Action contre la Faim.

Concilier l’urgence et le long terme

La réponse à la crise doit donc intégrer des actions d’urgence et de long terme. C’est pourquoi Action contre la Faim, en partenariat avec le gouvernement tchadien, travaille à augmenter l’accessibilité immédiate aux centres de santé afin de sauver les enfants en danger.

Parallèlement, l’organisation a participé à la définition du nouveau protocole de prise en charge de la malnutrition par le Ministère de la Santé tchadien. Celui-ci devrait permettre une meilleure inclusion des enfants dans les programmes nutritionnels et entraîner une diminution importante de la mortalité infantile.

Néanmoins, en permettant la prise en charge de trois fois plus d’enfants, ce nouveau protocole va démultiplier les problèmes actuels en termes de financement, de recrutement de personnel soignant et administratif, d’approvisionnement en médicaments.

« Il n’y a pas de fatalité. Les moyens de sauver les enfants qui meurent de faim et de malnutrition existent. Nous le faisons chaque jour en sauvant des dizaines de vies. Mais l’étendue du chantier et l’urgence sont immenses, » témoigne François Danel, Directeur Général d’Action contre la Faim.

Au Tchad, deux millions de personnes sont aujourd’hui affectés par le manque de nourriture. Cette situation dramatique ne concerne pas seulement le Tchad, mais d’autres pays de la bande sahélienne, en particulier le Niger. En tout, ce sont dix millions de personnes qui sont touchées. Dans ce cadre, Action contre la Faim réitère ses appels aux dons pour venir en aide au Sahel.


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