Un chef rebelle tchadien porté disparu en 2009 dit s’être évadé du Tchad – Afp

Le chef du groupuscule rebelle tchadien du Front populaire pour le redressement (FPR), le général Baba Laddé qui était porté disparu depuis octobre 2009 en Centrafrique, a affirmé jeudi à l’AFP avoir été détenu dix mois à N’Djamena et s’être évadé la semaine dernière.

Aucune source contactée à N’Djamena n’a été en mesure de confirmer les déclarations de Baba Laddé.

Joint depuis Libreville, Baba Laddé a affirmé avoir été « expulsé » le 10 octobre de la Centrafrique, où le FPR a sa base arrière.

« Le gouvernement centrafricain m’a expulsé vers le Tchad le 10 octobre. A mon arrivée à N’Djamena, on m’a directement envoyé en prison. Depuis lors, j’étais détenu », a-t-il déclaré, indiquant avoir fui au Cameroun et y avoir entamé des démarches pour obtenir l’asile « dans n’importe quel pays ».

Après plus de dix mois de détention dans différents lieux à N’Djamena, « je me suis évadé vendredi dernier (20 août) », profitant d’un relâchement de la garde éprouvée par le Ramadan, a-t-il expliqué.

Il a indiqué avoir été détenu « dans une prison militaire », ensuite dans une cellule de l’Agence nationale de sécurité (ANS, renseignements) puis placé en garde à vue en juin-juillet dans la perspective de discussions pour un rapatriement « sans conditions » de ses troupes, qu’il affirme avoir refusé.

« Il faut des pourparlers, en présence de tout le monde, de la communauté internationale. (…) Puisque j’ai refusé, on m’a renvoyé en prison », a dit Baba Laddé, assurant n’avoir subi aucune « torture physique » durant sa détention.

« Mais moralement, ils ne m’ont pas bien traité. On me nourrissait mal, on ne me soignait pas, je n’avais pas droit aux visites. J’ai été soigné pendant la garde à vue et opéré d’une tumeur au cou. (…) Là, maintenant, je suis malade, je suis souffrant », a-t-il ajouté.

Le chef du FPR a indiqué que malgré sa demande d’asile, il n’abandonnait pas la rébellion: « Nous sommes basés dans le nord de la Centrafrique, nos actions se mènent dans le sud du Tchad. L’urgence pour moi, c’est de me soigner. (…) Abandonner la rébellion pendant qu’il y a une dictature rampante dans notre pays, c’est difficile pour moi de dire que j’abandonne la lutte armée ».


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