A Moussoro au Tchad, le PAM vient en aide aux enfants malnutris – Afp

Aux portes du désert, en haut d’une dune qui surplombe Moussoro (ouest), chef-lieu du Bahr el-Gazal, une des régions du Tchad les plus affectées par la crise alimentaire, des femmes et des enfants amaigris attendent des rations devant un centre de nutrition du PAM.

Le pays est en proie à une crise alimentaire suite à la sécheresse de l’année dernière et le Programme alimentaire mondial (PAM) distribue des rations à un total de 85.000 enfants malnutris de moins de cinq ans, ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes.

A Moussoro, à 300 km de N’Djamena, quatre centres de nutrition du PAM accueillent au total 2.307 enfants malnutris parmi plus de 24.000 pour toute la région du Bahr el-Gazal, selon les autorités locales.

Le PAM estime que « le niveau de malnutrition chez les enfants âgés de moins de cinq ans est au-dessus du seuil d’urgence dans toutes les régions du Sahel ».

« Nous avons décidé de recentrer les activités sur la malnutrition jusqu’à la fin de l’année en procédant à des distributions pendant trois mois d’affilée à tous les enfants entre six mois et deux ans ainsi qu’à toutes les mères de ces enfants », explique à l’AFP le représentant du PAM au Tchad, Jean-Luc Siblot.

Après recensement, les personnes bénéficiaires sont rassemblées « par groupe de huit » et reçoivent « une ration alimentaire d’un mois composée de riz, de semoule, de sel et d’huile », détaille Djimadoum Barnabé, agent du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui participe à l’opération.

Cette ration vient en complément de celle donnée à chaque enfant malnutri et qui est composée de farine enrichie, d’huile et de sucre.

Devant l’un des centres de nutrition de Moussoro, aucune des femmes, en boubous multicolores, assises sur le sol, n’a souhaité parler aux journalistes qui le visitaient vendredi.

Ce sont « des personnes venues de divers horizons sans aucune source de revenu et qui ont fui la famine », explique le gouverneur de la région, Kazeube Pahimi.

Dans la région du Barh-el-Gazal, le déficit alimentaire, évalué à 33.000 tonnes de céréales par les autorités locales, a provoqué un exode vers la ville de Moussoro. « Il s’est formé spontanément des camps de fortune, véritables concentrations des personnes vulnérables dans la ville de Moussoro », poursuit M. Pahimi.

« Actuellement, 25 centres nutritionnels sont opérationnels sur l’ensemble de la région avec où les cas les plus sévères de malnutrition – 7.171 sur plus de 24.000 – ont été pris en charge avec un taux de guérison presque satisfaisant », précise-t-il.

Selon M. Pahimi, le PAM met également en place un programme « vivres contre travail » pour permettre de fixer les populations et éviter l’exode rural. « Ce programme se fera sous forme de vivres mis à la dispositions des bras valides qui font des cultures maraîchères dans les ouaddis » (cours d’eau souvent asséchés), explique-t-il.

Dans tout le Tchad, 120 centres de nutrition ont été mis en place par le PAM dans des régions ciblées. Outre le Bahr el-Gazal, les provinces concernées sont le Kanem, le Lac et le Hadjet Lamis (ouest), le Batha (centre) et le Guéra (centre-sud).


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