Près de 250 Tchadiens expulsés du Nigeria arrivés à N’Djamena – Afp

Près de 250 Tchadiens expulsés du nord du Nigeria par les autorités après une série de violences à l’approche d’élections sont arrivés à N’Djamena où ils ont été accueillis par les autorités et logés dans un commissariat, a constaté vendredi un journaliste de l’AFP.

Ces expulsés, arrivés jeudi, « sont au nombre de 248 dont 3 femmes. (…) Ils ont été pris au cours d’une rafle organisée par les autorités locales » du nord du Nigeria, a expliqué à l’AFP Adoum Edouard, commandant de corps urbain de la police du 7ème arrondissement.

Logés dans l’enceinte du commissariat en attendant de retrouver leur famille, les expulsés patientent par petits groupes, assis par terre, sous les arbres. Visages éprouvés, ils paraissent épuisés et semblent surpris par leur expulsion.

« Nous allons prendre tous les renseignements nécessaires avant de les remettre à leur famille », a indiqué le commandant Edouard.

« Le consul du Tchad à Maiduguri a rencontré aujourd’hui les autorités nigérianes qui ont décidé de geler les expulsions », a affirmé à l’AFP le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement tchadien, Kalzeubet Pahimi Deubet.

« J’ai été arrêté le mardi vers 8 heures du matin au marché, au moment où je faisais des achats de marchandises. Je suis commerçant, je vis au Nigeria et je fais du va-et-vient entre le Tchad et le Nigeria », a expliqué à l’AFP Koumonde Emile.

« J’ai laissé ma femme et mes deux enfants à Maiduguri (nord Nigeria). Tous mes biens » également, a-t-il affirmé.

Selon les témoignages des expulsés, les autorités Nigérianes n’ont pas chercher à vérifier si les Tchadiens étaient en situation régulière ou pas

« Cette rafle concerne (visait) tous les Tchadiens sur leur lieu de travail, au marché. Pour d’autres, ils ont été arrêtés chez eux à la maison », assure Adam Hassan, 28 ans, colporteur qui vit au Nigeria depuis dix ans.

« Les policiers Nigérians nous ont amené dans un premier temps au service de leur immigration. Ils n’ont pas cherché à savoir si nous sommes en règle ou pas ils ont enregistré nos noms et ils nous mis dans grand camion pour nous ramener au Tchad » a-t-il poursuivi.

Les autorités nigérianes ont annoncé avoir « rapatrié près d’un millier de personnes des pays voisins, Niger, Tchad et Cameroun, qui se trouvaient au Nigeria sans documents valides ».

Selon Babayo Alkali, chef des services de l’immigration pour l’Etat de Borno, ces expulsions vont se poursuivre en raison de l’insécurité dans l’Etat et de l’approche des élections. Le Nigeria doit notamment organiser une présidentielle l’an prochain.

Les autorités ont accusé une secte islamiste, Boko Haram, d’être à l’origine d’une série de violences dans le nord et notamment dans l’Etat de Borno au cours des derniers mois.

Evoquant l’insécurité, mais sans nommer la secte en particulier, M. Alkali a ajouté que les immigrés illégaux étaient plus difficiles à surveiller et pouvaient être utilisés pour des actes criminels.

Une multiplication d’attaques et d’assassinats dans le nord du Nigeria fait craindre le retour en force de la secte Boko Haram qui s’était violemment insurgée en 2009 et a conduit au récent redéploiement de l’armée dans des zones clés.


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