Un membre de l’Arche de Zoé demande à la justice de "laver son honneur" – Afp

L’un des six membres de l’ONG française l’Arche de Zoé condamnés en 2007 au Tchad pour tentative d’enlèvement d’enfants puis graciés, Alain Péligat, a demandé mercredi à la cour d’appel de Paris de le reconnaître innocent afin de « laver son honneur ».

Il est le seul membre de l’association, soupçonnée d’avoir tenté d’enlever du Tchad dans des circonstances rocambolesques 103 enfants tchadiens présentés comme des orphelins du Darfour, à avoir fait appel de sa condamnation par la cour criminelle de N’Djamena à 8 ans de travaux forcés.

Cette peine a été commuée en 2008 par la justice française en 8 ans d’emprisonnement, avant une grâce du président tchadien Idriss Deby.

Mais le logisticien de l’ONG, portant toujours moustache et longs cheveux blonds, ne s’est jamais satisfait de cette grâce et considère que la justice française n’aurait pas dû commuer sa peine.

« Que vous puissiez penser que nous avons été jugés correctement, ça, je ne comprends pas », a-t-il dit.

Son avocat, Me Simon Miravete, invoquant en particulier la convention européenne des droits de l’Homme, a tenté de démontrer que la procédure, au Tchad et au retour en France des condamnés, était entachée d’irrégularités. Et que son client ne pouvait pas accepter d’avoir été mis dans le même sac que les autres responsables de l’opération, tous condamnés à la même peine.

« Je ne vais pas accepter d’être condamné alors que je n’ai rien fait, je suis parti faire de l’humanitaire et non enlever des enfants », avait déclaré à l’AFP Alain Péligat en août dernier.

L’avocat général a estimé que la justice française n’avait fait que prendre des dispositions pour « l’exécution d’une décision de justice » prise au Tchad, sur lesquelles il n’y avait pas lieu de revenir.

La cour d’appel rendra son arrêt le 19 janvier.

Cette audience était indépendante d’une enquête menée en France sur l’Arche de Zoé pour « escroquerie », « aide à l’entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers » et « exercice illégal de l’activité d’intermédiaire en vue d’adoption ».

Dans ce volet, six membres de l’ONG, dont son président Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch, feront face à un nouveau procès. MM. Péligat et van Winkelberg seront parmi les personnes rejugées, mais seulement pour l’aspect immigration illégale.


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