"Importants défis" pour les droits de l’homme dans l’est du Tchad – Afp

L’est du Tchad fait face à « d’importants défis » sur la question des droits de l’homme, a estimé une responsable de l’ONU dans un communiqué reçu vendredi par l’AFP à Libreville pour le lancement d’un rapport sur la situation dans cette région soumise à une forte insécurité.

Ce rapport, intitulé « Situation des droits de l’homme dans l’est du Tchad: progrès, défis et pistes d’avenir », pointe mariages forcés, mutilations génitales féminines, recrutement d’enfants dans certains groupes rebelles, arrestations illégales ou arbitraires, mauvaises conditions de détention, ou encore des attaques contre les travailleurs humanitaires.

« Après plusieurs années de conflits, l’est du Tchad fait toujours face à d’importants défis de droits de l’homme », a déclaré la représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de Nations unies, Rima Salah.

Mme Salah est citée dans un communiqué à l’occasion de la sortie du rapport, publié par la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) et le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, qui porte sur la période avril 2008-novembre 2010.

« La violence sexuelle et basée sur le genre, l’accès à la justice et l’impunité restent les principaux défis des droits de l’homme dans l’est du Tchad », souligne le document.

Pour les auteurs, ces difficultés doivent se lire à l’aune de « plusieurs années de conflits » et de la présence dans la région « de 254.000 réfugiés soudanais et environ 171.000 personnes déplacées internes » alors que « les institutions de l’Etat dans l’est du Tchad ont été affectées et ont des capacités limitées pour répondre aux besoins de la population ».

« Il est important de reconnaître la volonté et la détermination des autorités tchadiennes » pour faire avancer la protection des droits de l’homme, conclut le rapport qui émet un certain nombre de recommandations à l’adresse du gouvernement tchadien, des groupes rebelles et de la communauté internationale.

Il « invite les parties concernées à prendre des mesures concrètes afin de faire respecter l’Etat de droit et de s’assurer que les auteurs de violations de droits de l’homme répondent de leurs actes ».

La Minurcat avait pris en mars 2009 le relais de la Force européenne Eufor, pour assurer la sécurité des réfugiés (soudanais et centrafricains notamment) et déplacés dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, favoriser leur retour volontaire et faciliter l’aide humanitaire.

Elle doit quitter le Tchad avant la fin de l’année, suite à une demande du président tchadien Idriss Deby Itno.


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