Le Tchad se dit prêt à juger Hissène Habré – Rfi

Le président Abdoulaye Wade ne veut plus de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré sur son sol. Le Sénégal cherche à se débarrasser du dossier dont il a hérité de l’Union africaine. Le Sénégal avait accepté un mandat de l’Union africaine pour organiser le procès de l’ancien président tchadien qui vit en exil au Sénégal. Mais faute de soutiens financiers pour organiser le procès, le président sénégalais a affirmé lors d’une interview France 24 / RFI qu’il allait demander à l’organisation africaine de reprendre le dossier.

Hissène Habré est poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures. Le Sénégal qui devrait organiser le procès de l’ancien président tchadien renonce aujourd’hui à cette mission. Il n’en fallait pas tant pour que les autorités tchadiennes affirment leur aptitude à organiser ledit procès, dans le pays où les présumées exactions ont été commises. Renversé par Idriss Déby en 1990, Hissène Habré est accusé d’avoir commandité des milliers d’assassinats politiques durant ses années de pouvoir entre 1982 et 1990. « Le Tchad est en mesure de juger Hissène Habré », déclare Abdéramane Djasnabaille, le ministre tchadien des Droits de l’homme.

Abdéramane Djasnabaille, ministre tchadien des Droits de l’homme: Le Tchad a décidé depuis toujours de juger Hissène Habré ; nous allons nous battre pour ça.

En 2006, l’Union africaine avait demandé au Sénégal, où vit en exil Hissène Habré de le juger « au nom de l’Afrique » pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et torture, ce que le président sénégalais avait accepté. Cependant, aucune information judiciaire n’a encore été ouverte, suscitant la colère des associations de victimes. Depuis 1999, Human Rights Watch soutient des victimes des exactions de Hissène Habré en vue de le faire traduire en justice. En 2000 Hissène Habré a été inculpé au Sénégal avant que la justice de ce pays ne se déclare incompétente pour le juger. Ses victimes se sont alors tournées vers la Belgique. Mais les Africains mettent un point d’honneur à organiser le procès sur le continent.


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