Procès Hissène Habré: des ONG pour que le Sénégal et l’UA préparent un tribunal spécial – Afp

Cinq ONG formant le Comité international pour le jugement équitable d’Hissène Habré ont recommandé, lundi, à l’Union africaine et à Dakar de « préparer ensemble » la création d’un tribunal spécial au Sénégal, comme cela avait été fait au Cambodge ou en Bosnie.

Ces ONG ont assuré que les familles des victimes du régime d’Habré avaient été très déçues par les propos tenus le 9 décembre par le président sénégalais Abdoulaye Wade, qui disait vouloir « se débarrasser » d’Hissène Habré et demander à l’Union africaine (UA) de « reprendre le dossier » de son procès.

« Monsieur le président de la République, vos propos ont suscité une profonde déception parmi les victimes », écrivent ces ONG, sollicitant une audience auprès d’Abdoulaye Wade à ce sujet.

En 2006, l’UA avait demandé au Sénégal – où Hissène Habré vit en exil – de le juger « au nom de l’Afrique » pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et torture, ce que le président sénégalais avait accepté. Cependant, aucune information judiciaire n’a encore été ouverte.

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait affirmé le 19 novembre que le Sénégal seul ne pouvait juger Habré et avait préconisé la création d’un tribunal spécial.

« Le Sénégal doit y répondre par la création d?une juridiction ad hoc au sein du système judiciaire sénégalais, comme cela s?est déjà pratiqué au Cambodge, au Timor et en Bosnie », écrivent les ONG.

« Nous recommandons à l?Union africaine et au Sénégal de préparer ensemble le cadre juridique approprié (…) et de faire adopter une résolution dans ce sens lors du prochain sommet de l?UA, fin janvier », ajoutent-elles.

Cette lettre a été adressée au président Wade par l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l?homme, Human Rights Watch, l’Association des victimes des crimes et répression politiques au Tchad, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l?homme et la Fédération internationale des ligues des droits de l?homme.


Commentaires sur facebook