Jugement de Hissène Habré : Les "droits de l’hommistes" demandent à Wade de reprendre le dossier – Walf fadjri

La rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme, (Raddho), l’association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme (Atpdh), Human right watch et la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), ont adressé une lettre commune au président Abdoulaye Wade. Une manière de lui demander de revenir sur sa décision de se débarrasser du dossier d’Hissène Habré.

C’est par une lettre datée du 16 décembre dernier que ces Ong, ont décidé de solliciter la présence du président Wade dans le dossier Habré. Réunies au sein d’un comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré, elles voudraient ainsi que le Sénégal reprenne la gestion de cette affaire. Cela, en demandant à Abdoulaye Wade de revenir sur sa décision de s’en décharger, ‘suite à l’interview accordée à Rfi et France 24, le jeudi 9 décembre’ dernier. Le président sénégalais qui disait ne pas être soutenu dans la gestion de ce dossier, avait menacé de le remettre à l’Union africaine. Il aurait soutenu avoir décelé quelques malentendus entre la Cedeao et l’Union africaine. ‘La décision de la Cour de la Cedeao est en contradiction avec l’Union africaine’, faisait remarquer le président Wade dans cet entretien. Ce que le comité international pour le jugement équitable de Habré, trouve ‘pour le moins discutable’. En effet, ‘si la Cour de la Cedeao réclame la création d’une procédure spéciale ad hoc à caractère international, pour juger Hissène Habré, (…), le Sénégal doit y répondre par la création d’une juridiction ad hoc au sein du système juridique sénégalais, comme cela s’est déjà fait au Cambodge, au Timor Leste et en Bosnie’, rappellent les termes de cette correspondance. D’où la nécessité, poursuit ce comité d’Ong, pour l’Union africaine et le Sénégal de préparer ensemble le cadre juridique approprié pour le jugement de Hisséne Habré et de faire adopter une résolution dans ce sens, lors du prochain sommet de l’Union africaine, fin janvier 2011, à Addis-Abeba. Mieux, ces Ong rappellent au président Abdoulaye Wade, ses obligations avérées, dans cette affaire. ‘Il s’agit d’un dossier du Sénégal, qui a, seul, la responsabilité d’honorer ses engagements internationaux découlant de la présence de Hisséne Habré sur le territoire sénégalais’, écrivent-ils.

Mais, ce que ces organisations de défense des droits de l’homme redoutent, c’est le fait que le manque de diligence par rapport à ce dossier contribue à ternir l’image de notre continent dans ce domaine. Car, ‘si le Sénégal ne prend pas rapidement des mesures permettant le jugement de Hissène Habré, votre pays risque fatalement une condamnation par la Cij, qui porterait atteinte à l’honneur de l’Afrique’, disent- elles à Wade. Pourtant, elles ont du mal à cacher leur inquiétude, lorsque le président sénégalais déplore un manque notoire de soutien dans ce dossier. Sur le plan financier, ce comité trouve que tout ce qui a été demandé par le Sénégal, pour le jugement, a été honoré. ‘La communauté internationale s’est réunie à Dakar, le 24 novembre dernier et des contributions de 5,6 milliards de francs Cfa pour le procès ont été annoncées, un montant supérieur au budget estimatif’, révèlent-elles. Une manière de soutenir que cette forme d’exutoire visant à se débarrasser du dossier, ne saurait se justifier, à l’heure actuelle. Ce comité qui sollicite, par ailleurs, une audience avec le président sénégalais, estime que ‘le renvoi de Habré au Tchad, doit être écarté’ car il ne favorisera nullement une ‘justice sereine’.

Abdoul Aziz AGNE


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