Législatives au Tchad: la campagne terminée, l’opposition dénonce des ratés – Afp

L’opposition tchadienne qui avait boycotté la présidentielle de 2006, a dénoncé des ratés dans l’organisation du scrutin législatif de dimanche qu’elle voudrait transparent dans un pays dirigé depuis plus de 20 ans par le président Idriss Deby Itno.

Le rendez-vous est d’autant plus attendu que la seule réelle contestation possible a longtemps été celle des armes et que l’opposition n’a pas participé à une élection depuis neuf ans.

Ces législatives se déroulent à un mois et demi du premier tour de la présidentielle, le 3 avril, et avant des élections locales en juin.

En l’absence de sondages d’opinions, il est difficile de désigner des favoris mais le Mouvement patriotique du Salut (MPS) du président Idriss Déby Itno qui a souvent bénéficié du soutien de la France, devrait se tailler la part du lion, même si certains observateurs estiment que sa majorité relative est peut-être en péril.

L’élection pourrait donner un peu plus de poids à l’opposition. Mais son morcellement (plus de 100 partis existent au Tchad, souvent uniquement localement) et les moyens dont dispose le MPS qui occupait 116 des 155 sièges de l’Assemblée sortante, ne sont pas à son avantage. 188 députés seront élus cette fois.

La campagne durant laquelle les principales figures politiques du pays ont quitté la capitale N’Djamena pour se rendre dans leurs fiefs en province, s’est déroulée « sans trop de situations graves », a estimé Massalbaye Tenebaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme et porte-parole de la Coalition indépendante pour des élections libres (Ciel) qui compte 753 observateurs.

« Les inquiétudes viennent de l’organisation matérielle par la Céni », a-t-il dit, précisant « il faut craindre qu’au 13 (février, jour des élections), tous les électeurs n’aient pas leurs cartes », créant « désordres », files d’attente et « fermetures tardives » des bureaux de vote.

Jeudi, la principale coalition d’opposition tchadienne, la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), a relevé « plusieurs ratés dans l’organisation des législatives », jugeant la « situation pire que les élections passées ».

Le secrétaire général adjoint de la CPDC, Saleh Kebzabo, a attribué ces ratés à un « manque de maîtrise » de la Céni.

Cette dernière a admis vendredi qu’il y avait « certes eu quelques manquements sur le terrain » mais souligné que, quand elle avait été saisie, elle avait « réagi promptement ».

« On va voir si une Céni paritaire va donner plus de satisfaction que l’ancienne Céni », a déclaré Mahamat Hissène, porte-parole du MPS.

La Céni a été refondue après la signature de l’accord du 13 août 2007 par l’opposition et la majorité pour mettre le pays sur la voie de la démocratie et d’élections justes et transparentes dont ces législatives doivent constituer l’un des aboutissements.

Selon des acteurs et observateurs politiques, cet accord avait pour but de replacer l’opposition dans le jeu électoral après son boycott de la présidentielle de 2006 qui avait vu la réélection d’Idriss Deby au pouvoir depuis 1990.

Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, Deby a eu à écarter de nombreuses attaques de rebelles dont certaines jusqu’aux portes de son palais. Depuis le réchauffement des relations avec le Soudan, la guerre des « rezzous » (raids) semble terminée d’autant qu’avec ses nouveaux pétro-dollars, le président Deby a pu équiper son armée.

La France compte parmi les alliés du régime de N’Djamena et est présente presque sans discontinuité militairement au Tchad depuis 1960. Epervier, le dispositif militaire français au Tchad compte notamment une base dans la capitale et une autre sur l’aéroport d’Abéché dans l’Est.


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