Arche de Zoé : Rama Yade reçoit mercredi une délégation parlementaire et les familles – Afp

Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l’homme, « recevra mercredi une délégation de parlementaires (toutes familles politiques confondues) pour faire un point de situation » dans l’affaire de l’association l’Arche de Zoé, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères et européennes.

De même source, il est précisé qu’elle recevra les familles des Français inculpés au Tchad dans cette affaire.

Le ministère rappelle par ailleurs que la secrétaire d’Etat a reçu mardi après midi successivement Robert Ménard, président de Reporters sans frontières (RSF) et Hervé Chabalier, président de l’agence Capa « pour évoquer la situation des journalistes français détenus au Tchad dans le cadre de l’affaire de l’Arche de Zoé« . Mme Yade « a rappelé que nous avons demandé aux autorités tchadiennes de prendre en compte la situation particulière de nos compatriotes venus au Thad pour exercer leur profession de journalistes« , précise le ministère.

Parmi les neuf Français arrêtés figurent trois journalistes : Marc Garmirian, reporter de l’agence Capa, qui a fait un reportage critique sur les activités de l’Arche de Zoé dont une partie a été diffusée lundi, Jean-Daniel Guillou, photographe de l’agence Synchro X et Marie-Agnès Peleran, journaliste à France 3 Méditerranée, en « congé humanitaire de solidarité« , selon sa chaîne.

Avec six membres de l’association Arche de Zoé, les journalistes ont été inculpés à Abéché, principale ville de l’est du Tchad, d' »enlèvement de mineurs » et d' »escroquerie« .

Au total, seize Européens et deux Tchadiens, inculpés lundi soir dans l’est du Tchad pour avoir voulu emmener en France 103 enfants de la région, ont été placés mardi sous mandat de dépôt en attendant un éventuel transfèrement vers N’Djamena.

La France ne pouvait pas arrêter l’opération controversée de l’association l’Arche de Zoé, ni préventivement sur son territoire, ni au Tchad une fois lancée, a assuré mardi la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Rama Yade.

« Fallait-il mettre les responsables de l’Arche de Zoé préventivement en prison?« , a demandé Mme Yade devant l’Assemblée nationale. « Fallait-il dissoudre l’association au mépris des règles sur la foi de ses intentions?« , a-t-elle ajouté.

« Non, monsieur le député« , a répondu Mme Yade au député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco, qui l’interrogeait sur l’inaction apparente de la France et le transport par l’armée française de membres de l’association et de matériel. « La France est un Etat démocratique et c’est à son honneur« , a-t-elle expliqué.

« Fallait-il envoyer nos militaires à l’aéroport (d’Abéché, à l’est) du Tchad pour arrêter cette opération?« , a-t-elle poursuivi, avant d’ajouter: « l’Afrique de papa, c’est terminé ». « Le Tchad est un Etat souverain et la France respecte sa souveraineté« , a-t-elle dit, chahutée à gauche et applaudie à droite.

Pour la secrétaire d’Etat, ce n’est pas la responsabilité des autorités françaises qui est en cause mais « la responsabilité individuelle« . « A partir du moment où un responsable associatif décide délibérément et de manière clandestine d’agir en dehors des règles, il faut qu’à un moment donné il assume la responsabilité de ses actes« , a-t-elle plaidé.

M. Bianco a vivement critiqué mardi, dans une déclaration à l’AFP, l’ambassadeur de France à N’Djamena, Bruno Foucher, qui « réclame que (les ressortissants français) soient jugés sur place« . L’assistance aux ressortissants français « est due« , a rappelé le député. En réponse à ces critiques, Mme Yade a promis que « la France serait naturellement aux côtés de ses ressortissants » et « ne les abandonnerait pas« . « Nous ferons valoir leurs droits, point par point, et en particulier en ce qui concerne les journalistes qui sont au Tchad pour des raisons professionnelles », a-t-elle ajouté


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