Des ONG réclament l’extradition d’Hissène Habré du Sénégal vers la Belgique – Afp

Une coalition de sept ONG a réclamé jeudi l’extradition vers la Belgique de l’ex-président tchadien Hissène Habré, poursuivi pour atrocités dans son pays, estimant que le Sénégal, qui l’héberge, retarde son procès.

Aujourd’hui, l’ultime alternative pour éviter l’impunité des crimes de masse reprochés à l’ex-dictateur Hissène Habré est son extradition vers la Belgique, pour qu’il y soit jugé, déclare dans un communiqué Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), membre de cette coalition d’ONG regroupant des victimes du régime de M. Habré et des défenseurs des droits de l’Homme.

Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 jusqu’à son renversement en 1990, est réfugié au Sénégal depuis sa chute. Il est accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade avait accepté la demande de l’Union africaine (UA), en 2006, de le juger au nom de l’Afrique. Aucune information judiciaire n’a été ouverte.

Dans leur communiqué, les ONG dénoncent la suspension, en mai, par la partie sénégalaise et sans explication officielle, d’une réunion à Dakar d’experts de l’UA et du Sénégal sur la création d’un tribunal spécial pour le procès de M. Habré.

Le retrait de la délégation sénégalaise des discussions s’inscrit dans la lignée de plus d’une décennie de manoeuvres dilatoires entreprises par le gouvernement du président Abdoulaye Wade, accusent-elles.

En prétendant vouloir juger Habré, le Sénégal nous a bercés d’illusions, estime dans le communiqué Jacqueline Moudeina, présidente de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (ATPDH), déplorant onze ans de reports successifs et de déceptions depuis la première inculpation de M. Habré en 2000 par un juge sénégalais.

En 2006, le Comité des Nations unies contre la torture avait condamné le Sénégal pour violation de ses obligations en tant qu’Etat partie et l’avait exhorté à faire juger Habré, au regard de la Convention des Nations unies contre la torture, le Sénégal a une obligation juridique de juger ou extrader Hissène Habré, indiquent les ONG.

L’immobilisme du Sénégal avait notamment conduit la Belgique en 2009 à saisir la Cour internationale de Justice (CIJ) pour le contraindre à engager des poursuites contre l’ancien président ou à l’extrader vers la Belgique. L’affaire est actuellement pendante devant la Cour de La Haye et une décision n’est pas à prévoir avant le courant de l’année 2012, poursuivent-elles.

Outre la Raddho et l’ATPDH, la coalition comprend l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH), la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH), la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Agir ensemble pour les droits de l’Homme et Human Rights Watch (HRW).


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