Les humanitaires se sont fait passer pour des pompiers – Rtl

De nombreuses zones d’ombres demeurent dans l’affaire de l' »Arche de Zoé« . Et notamment, sur le rôle de l’Armée française qui a apporté un soutien logistique à l’association. En fait, cette dernière avançait masquée derrière un autre nom pour obtenir les autorisations au Tchad. Les humanitaires se faisaient passer pour des pompiers. Révélation de RTL.

Nom de code : « Children Rescue« 

L’état-major des Armées le reconnait : un Transall de l’Armée de l’Air, basé à N’Djamena, a transporté le 21 août dernier les premiers éléments de l’association, puis le 19 septembre, une vingrtaine de ses membres et deux tonnes de matériel, jusqu’à Abéché. Mais sur aucun document, il n’était fait référence, explique les militaires à Paris, à l' »Arche de Zoé« . L’ONG a, en effet, pris le nom de « Children Rescue ». Sa vocation : soigner les enfants sur place. Elle était d’ailleurs reconnue comme telle par le gouvernement tchadien. D’où la réaction des autorités locales et l’ambassadeur de France, estimant avoir été abusés par le responsable de l’Arche.

Pour la France, cet incident arrive à un moment plutot délicat, puisque d’ici la fin de l’année, une force européenne de 3.000 hommes doit être déployée dans l’est du Tchad et au nord de la Centrafrique afin de stabiliser ces zones touchées par le conflit du Darfour, et ainsi protéger les milliers de personnes déplacées. Autorisée par l’ONU, l’Eufor est en train de s’organiser sous le commandement d’un général irlandais, qui aura son quartier général au Mont Valérien, à Paris.

Sur le terrain, les Français formeront le gros des troupes : la moitié de 3.000 hommes environ. Pour le président tchadien, Idriss Déby, c’est l’occasion idéale de peser sur la mise en place géographique des soldats européens. Montrer à sa population qu’il n’est pas un pantin obligé de céder devant les Occidentaux. Avec, cependant, un gros bémol : ne pas se priver de la France et de son dispositif Epervier qui a sauvé son régime il y a un an, mettant en échec une colonne de rebelles qui avancait vers la capitale.

Pierre Julien


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