Le projet de procès de Hissène Habré au Rwanda soulève des interrogations – Rfi

Le projet de l’Union africaine de renvoyer le procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré devant un tribunal rwandais suscite de nombreuses réactions. Les victimes tchadiennes y voient une nouvelle manoeuvre pour retarder le procès tandis que certains y voient une occasion pour le continent africain de juger ses bourreaux.

Jacqueline Moudeïna, présidente de l’association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme a appris l’existence de cette nouvelle piste rwandaise pour le procès de l’ancien président tchadien, en écoutant RFI. Celle qui est aussi l’avocate des victimes d’Hissène Habré attend de savoir combien de temps pourrait prendre la tenue d’un procès au Rwanda avant de dire officiellement si elle y est favorable ou pas mais elle suspecte l’Union africaine de faire volontairement traîner le dossier.


Le président de la Cour constitutionnelle du Bénin, Robert Dossou, a formulé plusieurs fois le souhait de voir juger l’ancien président tchadien en terre africaine. En 2006, alors que le Sénégal se proposait pour organiser le procès, l’Union africaine le désignait pour participer au comité des juristes africains sur l’affaire. (Rapport du comité d’éminents juristes africains sur l’affaire Hissène Habré). Regrettant le retard pris par le dossier Habré, il souligne que la question du financement d’un tel procès reste entière pour l’Union africaine, rappelant que la langue officielle du Rwanda est l’anglais, ce qui induit des frais supplémentaires pour la traduction des débats.

Robert Dossou, président de la Cour constitutionnelle béninoise: N’importe quel État africain a l’outillage juridique pour juger ! Maintenant, le contexte et les circonstances peuvent varier d’un État à l’autre, ce qui entraînerait quelques réajustements au niveau du budget du procès


Commentaires sur facebook