Tchad : l’opération "nettoyage" de l’armée a commencé – JA

Le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, a donné le coup d’envoi d’une opération de réorganisation de l’armée. Dans le viseur, des effectifs et un encadrement pléthoriques.

Moussoro est une localité située à quelque 300 km au nord-ouest de la capitale, N’Djamena. Particularité : elle abrite le plus grand et le plus vieux centre d’instruction militaire du pays. C’est là que le président Idriss Déby Itno a lancé, le 22 octobre, une opération de « nettoyage » de l’armée.

Objectifs : dégraisser, réorganiser et professionnaliser les forces armées. L’effectif, dont il n’existe aucune estimation précise – les chiffres de 50 000 à 60 000 hommes sont avancés –, a été gonflé depuis la fin des années 1970, au gré des guerres civiles que le pays a connues, par l’intégration d’anciens partisans de différents chefs rebelles et de membres de clans ralliés au pouvoir central. « L’armée nationale tchadienne compte dans ses rangs des commerçants, des étudiants, des éleveurs, des femmes et des morts, énumère un collaborateur du chef de l’État. Recrutés par des hauts gradés et des commandants de régions militaires, ils ont été promus illégalement et frauduleusement aux grades d’officiers assimilés, c’est-à-dire de lieutenant à colonel. »

Les conditions sont maintenant réunies grâce à la réconciliation avec le Soudan, en février 2010. Un collaborateur d’Idriss Déby Itno

Sur 12 000 hommes et femmes recensés par la commission de réorganisation des armées, moins de 5 000 ont été jugés aptes et envoyés dans des centres de formation. Les autres devront retourner à la vie civile. Ces exclus, qui n’auront droit à aucune indemnisation, ne vont-ils pas devenir un problème ? « Ils doivent plutôt s’estimer heureux de repartir sans être poursuivis pour avoir indûment touché des soldes », affirme le collaborateur d’Idriss Déby Itno.

Six ans

Il aura donc fallu attendre six ans après les états généraux de l’armée, en avril 2005, pour voir un début de solution mis en place. Selon un proche du président, « les conditions sont maintenant réunies grâce à la réconciliation avec le Soudan, en février 2010 », car les multiples groupes armés qui opéraient à partir du territoire soudanais ont été neutralisés.

Si le processus de réduction des effectifs suit son cours, la future armée pourrait compter 30 000 hommes, comme le prévoyaient les conclusions des états généraux.

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