Les Brèves de N’djaména : Psychose au Palais de Deby.

Mr Deby est atteint de vertigo, une maladie symptomatique des dictateurs ; elle apparaît sous forme des illusions réverbératives où on ne voit que des comploteurs autours de soi. Il est tellement hanté par ce qui est arrivé à Mainassara, qui a été, rappelons-le abattu par deux canons de 12,7mm, dons de son ami Deby et conduits par ses propres gardes de corps, ou pire encore comme Sani Abatcha empoisonné par son cuisinier à travers des hôtesses particulières.

Alors le despote tchadien délire, parle tout seul, gesticule en permanence, appelle ses anciens compagnons disparus, met l’armée dessus dessous, renvoie tous les zaghawa supposés être de mèche avec la résistance, délocalise toute l’armée de la Capitale, réduit et hiérarchise le cercle du clan : les Deby montent en 1ère ligne, quelques 2 à 3 Itno en second et le reste en jachère ! Malgré tout ceci le sommeil ne vient pas, alors il se promène, il se promène partout en quête des honneurs et des attributs inhérents à son rang qu’il a perdus dans son propre pays.

Mais attention, ce qui s’est passé du mercredi 14decembre au samedi 17 décembre 2011 risque de donner raison en partie à Mr Deby. Que s’est-il passé exactement ? Le mercredi 14 décembre 2011 4 personnes de type européen débarquent à l’aéroport de N’djaména, accueillies au bas de la passerelle par 4 autres types arrivés au bord d’un véhicule tout terrain par pont Nguéli le mardi 13 décembre. Notons que personne d’entre eux n’a de visa d’entrée- qu’ils soient venus de Nguéli ou de l’aéroport ; et ils ont traversé tous les services de l’aéroport sans avoir rempli aucune formalité administrative, sécuritaire ou douanière ! Tout ce beau monde s’engouffre dans leur véhicule et prend la route de Mandalia, puis s’arrête à Logone Birni où il bivouaque et déploie des antennes paraboliques qui brouillent, parait-il, toutes communications des portables dans la zone. Malgré le branle-bas de l’Ans, l’équipe revient à N’djaména où elle fouillonne en toute quiétude pendant 48h, puis repart le samedi comme elle était arrivée ; pendant ces temps les braves éléments de sécurité galopaient comme des chiens enragés dans tous les sens dans la capitale à leur recherche et ce, jusqu’au dimanche dans l’après-midi, alors qu’ils étaient déjà, depuis la veille de l’autre côté de la barre!

Le plus surprenant dans cette escapade, c’est que l’équipe a nargué, c’est le moins qu’on puisse dire tous les services de sécurité de la république en abandonnant 3 photos très significatives avant de prendre le large.

  • la 1ère photo montre la Présidence par sa façade principale, c.-à-d. prise par quelqu’un qui se tenait du côté de l’ex camp des martyrs ; sur la photo on voit aussi apparaître 4 personnes dont les visages sont dissimulés.
  • la 2ème photo montre la présidence par son côté sud, c.-à-d. le photographe se tenait soit à Kousseri soit au milieu du fleuve.
  • la 3ème photo est la plus osée et la plus croustillante, elle montre les différentes caméras installées dans l’enceinte du palais de Deby.!

Ensuite, suivant les indiscrétions, l’équipe qui est sans nul doute composée des professionnels hors pair a désaxé et piraté complètement le système d’écoute des communications de l’Ans en installant un système parallèle. Ceci leur a permis d’écouter les communications de l’ANS pendant un bon bout de temps. Ensuite l’équipe a procédé à un répertoire complet du parc automobile de la présidence y compris les véhicules militaires. A quelles fins ? Seuls eux et le tout puissant pourraient vous répondre !

En tout état de cause le problème est pris très au sérieux en haut. Conséquences directes et immédiates : le nettoyage de tout le personnel de sécurité de l’aéroport à commencer par le commissaire Orozi Soukra et son adjoint. 2ème étape, Deby ayant pris réellement peur (y a de quoi) songe réellement à abandonner définitivement la capitale et à aller s’installer à Moussoro, mais le hic est que sans réfléchir on a déjà militarisé Moussoro ! Alors où aller? A Amdjeress ? Non, la proximité avec Timan Deby n’est pas du tout souhaitable. Dans ces conditions, Deby risque de devenir un sdf bientôt. Par ailleurs, tout l’entourage de Deby ayant appris l’histoire, a commencé à s’agiter et surtout à chercher des coins plus sécurisants : entre jeudi soir jusqu’au samedi, les coups de fils en direction du Caire ont augmenté de 270% selon les services de Sotel et de 310% en direction de Maroua, Garoua, et N’Gaoundéré. Les raisons ? Demander aux proches et amis les prix de locations des maisons!

Au-delà de son aspect romanesque et abracadabrantesque, que retenir de cette histoire ? Que le pays n’est plus géré depuis plus 10 ans, c’est un euphémisme. Dire que le clan a produit des sous clans satellitaires qui ont hérité chacun d’une tranche productrice du bien public, est un non-sens. Le plus grave, c’est que les tchadiens, un bon matin, en se réveillant se retrouverons entre les mains d’un nouvel acquéreur comme une société en liquidation !
La grande question que tous les milieux avertis se posent est la suivante : que sont-ils ? Le but de leur mission ? Qui sont leurs correspondants locaux ? Justement pour répondre à ces questions Mr Deby a créé une commission composée de ses deux fils (Nassour et Mht), Ramadan Erdebou (le nouveau DG de l’ANS) et de 2 autres personnes pour procéder à des enquêtes minutieuses. Affaire à suivre.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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