Manifestation à Abéché, au Tchad, contre "l’esclavagisme" – Reuters

Plusieurs centaines de Tchadiens scandant non à l’esclavagisme, non au trafic d’enfants ont manifesté contre l’ONG L’Arche de Zoé, accusée d’avoir voulu enlever des enfants pour les conduire en Europe.

Les manifestants se sont rassemblés devant les bureaux du gouverneur d’Abéché, ville où ont été arrêtés jeudi dernier les neuf Français et les sept Espagnols alors qu’ils tentaient de quitter le pays avec 103 enfants.

« Nous ne pouvons accepter un tel acte de barbarie, de vandalisme« , a affirmé l’un des manifestants.

Des familles de l’est du Tchad sont arrivées à l’orphelinat où les enfants ont été placés dans l’espoir de reconnaître un enfant disparu.

« Il y a plusieurs problèmes de l’association : pourquoi ont-ils conduit cette action illégale, avec quel motif ?« , a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, ajoutant qu’il appellerait son homologue tchadien Idriss Déby pour le « sensibiliser au respect de la présomption d’innocence« .

Il n’a pas explicitement dit qu’il souhaitait voir les Français renvoyés en France pour y être jugés mais laissé entendre que cette solution aurait sa préférence.

« Comme il y a une instruction en France, vous comprendrez que je ne souhaite pas m’exprimer pour ménager les susceptibilités des uns et des autres, mais vous voyez à peu près où irait ma préférence« , a-t-il ajouté lors de son déplacement en Corse.

« PAS D’IMPACT SUR LES FORCES EUROPÉENNES« 

Le gouvernement tchadien a assuré que cette affaire ne compromettrait pas le déploiement de la force européenne de maintien de la paix dans l’est du Tchad.

La France, qui dispose déjà de soldats stationnés au Tchad, fournira la moitié des 3.000 hommes de ce contingent de l’Union européenne, chargé de protéger les réfugiés soudanais et tchadiens dans l’est du pays.

« Cette tentative manquée d’enlever des enfants n’aura pas d’impact sur le déploiement des forces européennes dans l’est du Tchad« , a affirmé le ministre de la Communication Hourmadji Moussa Doumgor, rejetant la théorie selon laquelle l’affaire de « L’Arche de Zoé » pourrait fournir au Tchad un motif pour s’opposer à l’arrivée des soldats européens.

La force européenne, placée sous le commandement d’un général irlandais, devra protéger les 400.000 réfugiés soudanais et déplacés tchadiens qui vivent dans des camps gérés par les Nations unies le long des 4.000 km de frontière entre Tchad et Soudan.

Le Portugal, qui assure actuellement la présidence de l’Union européenne, a affirmé que l’affaire concernait une ONG isolée.

« Nous avons un programme stratégique très chargé à mettre en place et nous ne pouvons pas nous permettre d’être retardés par cet incident« , a déclaré le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, lors d’une réunion entre l’UE et l’Union africaine à Ghana.

La Croix-Rouge, l’Unicef et le Haut commissariat de l’Onu aux réfugiés (UNHCR) ont de leur côté tenté d’en savoir plus sur les enfants. Des responsables ont affirmé que beaucoup d’entre eux venaient du Tchad et n’étaient pas des orphelins.

« Une fois que nous aurons des informations au sujet de ces enfants, nous devrons les vérifier« , a déclaré à Reuters Serge Male, responsable de l’UNHCR au Tchad.

« Nous devrons aller dans les villages d’où ils disent venir, rencontrer leurs parents, ou ceux qu’ils disent être leurs parents, et faire tout ce travail. Cela prendra du temps« , a-t-il dit.


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