La STEE doit changer radicalement sa gestion…

Enoch DJONDANG Ce qui aurait pu être de bonnes nouvelles pour les habitants de la capitale tchadienne, laisse sceptique la plupart des gens qui en parlent. En effet, coup sur coup, d’abord la Chine Populaire venait « d’offrir » un lot de groupes électrogènes de moyenne puissance (moins de 5 Mégawatts) à la STEE et des dizaines de kilomètres de câbles et autres accessoires d’installation. La Libye, à son tour, « offre » un groupe de grande puissance (20 Mégawatts), c’est-à dire d’une capacité pouvant couvrir à elle seule plus de la moitié actuelle du réseau fonctionnel d’eau et d’électricité de la capitale. En plus, la Libye a offert des dizaines de kilomètres de câbles et accessoires comme la Chine, avec la disponibilité de ses techniciens pour la mise en exploitation de tout ce matériel. La valeur du don libyen serait d’environ 13 milliards de FCFA !

C’est sans compter la énième signature de convention de construction d’une centrale avec un groupe français, après les autres signatures ou cérémonies fanfaronnes du passé restées sans effets sur les turpitudes de la STEE. La Chine et la Libye sont à saluer par tout le peuple tchadien pour ses exemples de coopération sud-sud, qui ne sont pas les premiers du genre et de leur part à notre endroit. Malheureusement, ceux qui sont chargés de fournir l’énergie et l’eau à la population, produits vitaux de premier ordre, sauront-ils, cette fois-ci, surmonter leurs tares cumulées pour mériter le respect des consommateurs avérés et potentiels malmenés depuis des lustres ?

Nous soulignons que les dons des Chinois et des Libyens sont destinés au peuple tchadien et non pas à des cliques imperturbables de mafioso. Les gestionnaires de la STEE ont donc une obligation de rendre compte au peuple tant de leur gestion d’ensemble que de ces dons singulièrement. Cela fait des mois que la capitale vit dans l’obscurité et que les activités socioéconomiques en sont durement affectées, même la productivité du secteur public ! Ce n’est pas la peine de promettre aux n’djaménois que ça va aller mieux dans quelques temps, car ils n’ont pas oublié le nombre de fois que ces phrases malignes avaient été prononcées pour les dompter.

Cependant, si la STEE a reçu ces équipements au non du peuple tchadien, elle est dans l’obligation de dégraisser complètement ses devis exagérés et ses factures fantaisistes à la clientèle. En effet, comment pourrait-elle comptabiliser, à la charge du client, des intrants qu’elle n’a pas achetés avec ses ressources propres ? Elle ne peut logiquement que comptabiliser la consommation, jusqu’à l’épuisement des stocks de câbles et matériels chinois et libyens offert au peuple tchadien ! La plupart des consommateurs, hormis les intouchables, paient leurs factures de consommation, sans bénéficier réellement du service. La STEE n’est plus en droit de continuer à comptabiliser, au détriment et à la charge du client, ses déboires récurrents. Elle a souvent bénéficié d’importants concours du trésor public pour éponger ses dettes d’exploitation (plutôt de détournements massifs !). Elle a eu la sollicitude de nombre de partenaires bancaires pour sortir de la léthargie, sans résultat.

Apparemment, la gabegie qui s’est instaurée au sein de cette société de monopole, arrange tellement du beau monde que son redressement parait hypothétique, quelles que soient les secours qui affluent. Cette situation va-t-elle durer jusqu’à quand ? Même si les consommateurs brillent par leur amorphie qui encourage les personnes en charge de ce secteur à persister dans leurs mauvaises habitudes, il y aura un jour pour la justice sociale, après 364 jours de banqueroute et d’impunité.

La STEE est l’exemple typique de frein au développement du pays de Toumaï du fait de pesanteurs internes à notre société nationale. Dans tous les cas, même s’il n’y avait pas de volonté de redresser cette machine à problèmes socioéconomiques, avec les dons chinois et libyens, c’est tout le système de facturation des services à la clientèle qui devrait être revu au dégraissage, pour être en phase avec le quinquennat dit social du Chef de l’Etat. Le contraire serait absurde, antiéconomique et injustifiable !

Enoch DJONDANG


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