A la Une de N’Djamena BI-HEBDO N° 937 du 22.03.06

Les combats de Hadjar Marfaïne

La panique généralisée qui s’est emparée de la capitale le 22 mars dernier indique que les N’Djaménois s’attendent à ce que Idriss Déby Itno soit défait d’un jour à l’autre par les siens. Ils ont cru que ce moment était arrivé et ce, une semaine après le 6éme coup d’Etat manqué annoncé à grands fracas et deux jours seulement après l’offensive de Déby sur Hadjar Marfaïne.

Il était inimaginable qu’un échange de coups de pistolets entre deux responsables des services de déminage fasse bouger entièrement une ville d’au moins un million d’habitants.

Certes, le théâtre des affrontements de ces deux responsables à la gâchette facile qui jouxte la présidence de la République et le zèle des éléments chargés de la sécurité de la présidence de la République avaient contribué à effrayer les citoyens qui circulaient dans les parages et qui n’attendaient pas davantage pour prendre leurs jambes au cou. Et la rumeur a fait le reste. « Déby aurait été tué ». Ou encore Déby serait encerclé par les rebelles à Adré ». Chacun allait donc de son commentaire et l’opération de sape des esprits a alors fait des victimes.

On a vu les responsables chargés de la sécurité des citoyens descendre quatre par quatre les marches des escaliers et détaler comme des lapins suivis de leurs collaborateur. Certains princes qui narguaient les citoyens aux postes frontaliers de N’Guéli ont traversé le fleuve pour se mettre à l’abri, en territoire camerounais. Bref, le sport favori était le sauve qui peut. La ville était donc abandonnée à elle-même. Un aventurier un peu audacieux aurait pu s’emparer du fauteuil présidentiel car aucune institution n’était capable de contrôler ce qui se passait pendant les deux heures qu’a duré la débandade.

Cette panique vient corroborer la thèse de ceux qui pensent que la présence de Idriss Déby à la tête du pays constitue à elle seule une source d’insécurité permanente pour les autres citoyens. Ainsi, depuis qu’il croise le fer avec les siens, tout un équipement sécuritaire a été payé à grands frais pour sa protection et la présidence de la République est le lieu le plus protégé au Tchad. Jamais autant d’argent n’a été dépensé par le pays pour un président de la République.

D’autres pensent que dans leur fuite, les citoyens ont envoyé un message clair aux occidentaux qui soutiennent Idriss Déby. Idriss Déby ne jouit pas du soutien du peuple. Aucun autre Tchadien ne lèvera le petit doigt pour le soutenir au cas où son fauteuil chancellerait. Idriss Déby lui-même le sait, voilà pourquoi il fait peu cas de la sécurité des biens et des personnes au Tchad. Il n’est que d’attendre le traitement qui sera fait des préjudices occasionnés à certaines personnes lors de cette débandade. Personne ne parlera d’un quelconque dédommagement alors qu’on a annoncé pour certains d’énormes dégâts matériels et corporels. On les passera encore une fois de plus pour pertes et profits car ce sont des ‘faits’ des princes!

La Rédaction de N’Djamena BI-HEBDO


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