La poudre aux yeux de l’UA – N’Djamena BI-HEBDO N° 944 du 24 avril 2006

poudreDe l’expulsion des rebelles soudanais du territoire tchadien à la marche de soutien des soudanais au régime de N’Djaména, il y a en filigrane, la volonté. de Idriss Déby Itno de paraître blanc comme neige aux yeux des enquêteurs de l’Union africaine.

A la place de l’indépendance ce 21 avril, la marche de la centaine de réfugiés annoncée la veille comme un point de presse des rebelles, s’est dirigée vers les bureaux du Système des Nations-unies où trois d’entre eux ont été reçus par le coordonnateur, Kingsley Ammaning. La motion de ces réfugiés dénonce l’implication du gouvernement soudanais dans les affaires intérieures de ses voisins et demande à la communauté internationale d’intervenir pour que la paix revienne au plus tôt dans le Darfour:

Pendant ce temps, dehors, des slogans scandés traitent le président soudanais de traître, de génocidaire qui doit être traduit devant le tribunal international de là Haye. Une effigie du président soudanais a même été brûlée. Certaines banderoles dénoncent l’enrôlement des enfants soldats tandis que d’autres remercient Idriss Déby pour son action en faveur des réfugiés du Darfour. Cette manifestation qui a eu lieu seulement quelques heures avant la venue de la mission d’information de l’Union africaine ne trompera que ceux qui le voudront.

De bonnes sources, on apprend que l’occupation des bureaux de l’ambassade du Soudan au Tchad par les rebelles du Mje le 18 avril 2006 a été inspirée de la présidence de la République. Les rebelles soudanais ont occupé les locaux de la chancellerie du Soudan avant d’en être expulsés par les forces de l’ordre. L’objectif de cette manoeuvre était de pousser les rebelles à la faute pour les expulser du territoire avant l’arrivée de la mission d’information de l’Union Africaine. Sans quoi, IDI serait en mauvaise posture face aux enquêteurs de l’Union Africaine arrivés en mission d’information. Ce qui fut fait.

Le communiqué du ministre des Affaires étrangères annonçant l’expulsion de Khallil Ibrahim, Barhar Idriss Abou-Barda et Abakar Salim mentionne que ces derniers venaient du Darfour et qu’ils étaient en route pour Abuja. Ces personnes ne venaient pas du Darfour, ils étaient à N’Djaména et certaines informations soutiennent avec insistance qu’ils n’ont pas quitté le territoire tchadien. Parmi les représentants de la communauté soudanaise ayant remis au représentant résident du Pnud la motion adressée au secrétaire général de l’Onu, figure un certain Abakar Salim…Cette ressemblance, si on peut l’admettre, crée des doutes quant à la sincérité de ces citoyens soudanais.

Les enquêteurs de l’Union africaine sont arrivés vendredi à N’Djaména et devront rencontrer toute la classe politique. L’objectif de la mission ne s’arrête pas seulement à la collecte des preuves de l’implication soudanaise aux côtés des rebelles. Ce qui est d’ailleurs connu.

II s’agira aussi pour l’Union africaine de rencontrer la classe politique tchadienne et la société civile pour l’entendre également sur la situation politique intérieure. Si la démarche de l’Union africaine vise à renouveler la demande adressée au gouvernement tchadien d’ouvrir le dialogue avec la classe politique, il lui est déjà adressé une fin de non recevoir. Le gouvernement a déjà répondu qu’il va aux élections le 3 mai!

Madjiasra Nako
N’Djamena BI-HEBDO N° 944 du 24 avril 2006


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