Al Qaïda à la rescousse – N’DJAMENA BI-HEBDO N° 945 du 27 avril 2006

res Idriss Déby a clamé haut et fort que seule une opération de maintien de paix des Nations Unies au Darfour sauvera son fauteuil présidentiel menacé par le « mercenaire », Mahamat Nour Abdelkérim et « son commanditaire Oumar El Béchir ». Il vient de trouver en la personne de Ossama Ben Laden un appui de taille à son plaidoyer. En effet, par sa dernière sortie sur les antennes d’Al Jazira dimanche dernier, Osma Ben Laden, par opportunisme dit-on, a introduit sa nébuleuse Al Qaïda dans le débat sur le conflit du Darfour. Il est cependant prématuré de penser que cette intrusion arrange les affaires d’ldriss Déby.

Le 24 mars dernier, le conseil de sécurité a prorogé la mission des Nations unies au Soudan et a demandé au Secrétaire général de prévoir le passage de la mission de l’Union africaine au Soudan à une opération de maintien de la paix des Nations unies, exauçant au passage les voeux d’Idriss Déby. En revanche, l’Union africaine avait décidé d’appuyer « en principe » ce passage, de s’efforcer d’obtenir qu’un accord de paix pour le Darfour soit conclu à la fin avril et de prolonger le mandat de l’Union africaine jusqu’au 30 septembre 2006. Entre temps, Mahamat Nour a lancé son raid sur N’Djaména, manquant de peu de renverser le prince du bord du chari. D’où la colère d’Idriss Déby contre le Soudan. Même si les déclarations de Ben Laden interviennent au moment où séjournent au Tchad la mission d’enquête de l’Union africaine et le Sous-secrétaire d’Etat américain, Idriss Déby n’en tirera qu’une petite victoire car elles n’emporteraient pas automatiquement la condamnation du Soudan.

Idriss Déby aura beau menacer de fermer les vannes du pétrole et de désigner Ben Laden comme un troisième larron, après Mahamat Nour et El Béchir, dans le conflit du Darfour, il ne mobilisera pas les Etats Unis d’Amérique au-delà des condamnations verbales du Soudan et les sanctions de certains responsables. Ces condamnations américaines ne visent qu’à obtenir du gouvernement de Khartoum le respect des accords conclus avec la rébellion de John Garang, notamment la part des revenus pétroliers devant revenir au Sud Soudan et qui ne l’a pas été à ce jour. N’Djaména aura tort de croire que les Usa peuvent obtenir l’envoi des troupes onusiennes au Darfour sans un veto chinois, le 4eme larron dans ce conflit que Idriss Déby n’ose pas nommer à haute voix. Et comme il plaît beaucoup à Déby de faire de chantage avec le pétrole, il sera mal inspiré de vouloir retirer le permis de prospection pétrolière qu’il a accordé à la société pétrolière canadienne, Clivden, rachetée par la chine.

La Rédaction
N’DJAMENA BI-HEBDO N° 945 du 27 avril 2006


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